Taltz®, une nouvelle alternative pour le traitement du psoriasis

L’arsenal thérapeutique destiné à la prise en charge du psoriasis est relativement étendu, avec des traitements locaux et systémiques qui répondent respectivement au traitement des formes légères intéressant moins de 10 % de la surface corporelle et à celui des formes modérées à sévères plus étendues. Aucune de ces approches ne prétend à une guérison définitive du psoriasis mais à une disparition transitoire plus ou moins complète des lésions.

Parmi les traitements systémiques, les biothérapies sont réservées aux adultes atteints d’un psoriasis en plaques chronique, sévère et étendu présentant une réponse insuffisante, une contre-indication ou une intolérance à au moins deux traitements systémiques non biologiques et à la photothérapie, et/ ou avec un retentissement psychosocial important.  Ces biothérapies peuvent être des anti TNF (étanercept, adalimumab), des agents ciblant l’IL-12 et l’IL-23, ou encore l’IL-17 (sécukinumab, ixékinumab [Taltz®, laboratoires Lilly]).

L’efficacité et la sécurité de Taltz® ont été évaluées par le programme UNCOVER comportant 7 essais cliniques dont 3 études de phase III sur 12 semaines randomisées en double aveugle contrôlées versus placebo (UNCOVER 1) ou versus étanercept (UNCOVER 2 et 3) regroupant 3 866 patients avec un psoriasis modéré à sévère.

Dans l’étude UNCOVER 1, les patients recevaient le placebo ou l’ixékinumab à la dose de 80 mg toutes les deux semaines après une dose initiale de 160 mg. A 12 semaines, 81,8 % des malades sous Taltz® (n = 433) avaient un score sPGA (Physician Global Assesment) de 0 ou 1, c’est-à-dire qu’ils étaient blanchis ou n’avaient plus qu’une atteinte minime et 89,1 % avaient une réponse PASI 75 (amélioration d’au moins 75 % du Psoriasis Area and Severity Index) contre 3,2 % et 3,9 % respectivement des patients sous placebo. Des PASI 90 et 100 ont été obtenus chez respectivement 70,9 % et 35,3 % des patients sous traitement actif.

Dans les études UNCOVER 2 et 3, les patients recevaient l’ixékinumab à la même posologie que dans UNCOVER 1 ou l’étanercept à la dose de 50 mg deux fois par semaine. L’ixékinumab s’est montré supérieur à l’étanercept pour l’obtention à 12 semaines d’un PASI 75 et d’un sPGA 0 ou 1.

Par ailleurs, dans toutes les études, le traitement par Taltz® a été associé à une amélioration significative de la qualité de vie liée à la santé évaluée par le DLQI (Dermatology Life Quality Index).

Les patients ayant répondu à Taltz® dans les études UNCOVER 1 et 2 ont été à nouveau randomisés après 12 semaines dans un groupe placebo ou dans un groupe Taltz® pendant 48 semaines. Ceci a permis de constater le maintien de la réponse à l’ixékinumab à la soixantième semaine (83 % des patients gardaient un PASI 75 et 75 % un sPGA de 0 ou 1.)

Les effets indésirables rapportés de manière très fréquente (≥ 1/10) sont les infections des voies respiratoires supérieures et les réactions au site d’injection, ceux signalés de manière fréquente (≥1/100 et <1/10) sont les infections fungiques à dermatophytes, les douleurs oropharyngées et les nausées.

En février 2016, Taltz®a reçu un avis favorable du Comité des médicaments à usage humain de l’agence européenne des médicaments pour le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère de l’adulte, suivant les mêmes indications que pour les autres biothérapies. La tolérance à long terme et la sécurité d’emploi en cas de comorbidités (HIV, Hépatite B, C, insuffisance rénale, hépatique) ou sur terrain particulier (grossesse, allaitement, enfant, sujet âgé) restent à établir.

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Conférence de Presse - Laboratoire Lilly - Jeudi 8 décembre. Journées dermatologiques de Paris 2016

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