Traitement de l’uvéite : nouvelle indication de l’Humira

L’uvéite est la troisième cause évitable de cécité dans le monde. Cette pathologie complexe correspond à une inflammation de l’uvée, tunique médiane de l’œil. Elle est généralement secondaire à une pathologie inflammatoire systémique. Chez l’enfant et l’adolescent, l’uvéite antérieure peut entrainer une perte de la vue sévère dans 25 à 30 % des cas et est la plupart du temps associée à l’arthrite juvénile idiopathique (AJI).

L’adalimumab (Humira ®) est désormais indiquée dans le traitement de l’uvéite non infectieuse, intermédiaire, postérieure et de la panuvéite chez les patients adultes ayant eu une réponse insuffisante à la corticothérapie, chez les patients nécessitant une épargne cortisonique, ou chez lesquels la corticothérapie est inappropriée, en association ou non avec un immunosuppresseur. Ce traitement a reçu l’autorisation de remboursement par le comité économique des produits de santé (CEPS). Chez l’enfant, l’adalimumab a reçu l’approbation de l’agence européenne du médicament pour le traitement de l’uvéite antérieure associée à l’AJI.

L’aveugle a été levé avant la fin de l’étude

Cette nouvelle indication repose chez l’adulte sur deux études de phase 3 évaluant l’efficacité de l’Humira ® (dose initiale de 80 mg puis 40 mg toutes les deux semaines) en association avec une corticothérapie : VISUAL-I et VISUAL-II. Dans VISUAL-I le délai médian de la rechute était de 5,6 mois sous Humira et 3 mois sous placebo. Dans VISUAL-II, le délai moyen de la rechute était de 8,3 mois pour le placebo et n’était pas atteint pour Humira.

Chez l’enfant, l’étude SYCAMORE a évalué l’efficacité de l’adalimumab en sous-cutané (20 ou 40 mg en fonction du poids) en association au méthotrexate, contre placebo, dans l’uvéite antérieure associée à l’arthrite juvénile idopathique (AJI). L’aveugle a été levé après la randomisation de 90 patients (au lieu des 114 prévus initialement). Après 2 ans de suivi, 27 % des patients étaient en échec thérapeutique dans le groupe traitement, contre 60 % dans le groupe placebo (p < 0,0001).

L’adalimumab (Humira) est déjà indiqué dans un certain nombre de pathologies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde modérément à sévèrement active et la spondylarthrite ankylosante sévère et active. Chez l’enfant et l’adolescent, elle est autorisée dans le traitement de l’AJI idiopathique polyarticulaire évolutive, de l’arthrite active liée à l’enthésite, du psoriasis en plaques chronique sévère et de la maladie de Crohn active modérée à sévère. 

Dr William Hayward

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