Cancer de la prostate métastatique : LATITUDE fait le buzz à l’ASCO !

L’incidence du cancer de la prostate métastatique non castré (mCNPC) est en augmentation constante. Le traitement de référence chez ces patients est la déprivation androgénique mais la plupart évoluent vers une forme résistante à la castration. Et la raison en est le plus souvent que les voies de signalisation des récepteurs aux androgènes sont réactivées, ce qui pourrait justifier l’emploi d’acétate d’abiratérone (AA) avant le stade de résistance à la castration car les mécanismes de résistance se développent très tôt.

LATITUDE, essai randomisé, en double aveugle, multicentrique et international de grande envergure (1 199 patients sur 235 sites à travers 34 pays) a donc été programmé afin d’apporter des éléments de réponse à cette question. Ont été inclus des patients considérés à haut risque (score de Gleason ≥ 8, > 3 métastases osseuses ou métastase viscérale) avec un mCNPC. La stratification était effectuée sur la présence d’une maladie viscérale et l’état général.

Deux bras étaient à l’étude : hormonothérapie + AA 1000 mg/j + prednisone 5 mg/j (n = 597) ou hormonothérapie + 2 placebos (n = 602). Le design de cette étude avait été entériné avant la publication des résultats des essais CHAARTED et STAMPEDE, ce qui explique que le bras hormonothérapie seule a été considéré comme le bras de référence.

Deux analyses intermédiaires (après 50 % et 85 % des évènements nécessaires) et une analyse finale étaient initialement prévues. En fait, la première analyse intermédiaire est devenue l’analyse finale au vu des résultats observés qui ont été présentés par le Pr Karim Fizazi (Gustave Roussy, Villejuif) en session plénière de l’ASCO.

L’étude s’est avérée statistiquement significative montrant une réduction de 38 % du risque de décès dans le bras AA (p < 0,0001). La médiane de survie globale a été de 34,7 mois dans le groupe hormonothérapie seule tandis que celle du groupe AA n’a pas été atteinte après un suivi médian de 30,4 mois. Les taux de survie à 3 ans étaient respectivement de 49 % et 66 %.

Tous les sous-groupes ont bénéficié du traitement. Le gain en survie sans progression radiologique est aussi manifeste tandis que tous les critères secondaires étaient également positifs : progression du PSA, progression de la douleur, temps jusqu’à apparition d’un évènement osseux, délai jusqu’au recours à la chimiothérapie et délai jusqu’au recours à un autre traitement anticancéreux.

Les données de tolérance étaient satisfaisantes et sans surprises par rapport à ce que l’on connaît de l’AA.

« Avec ce bénéfice incontestable, l’AA se positionne comme un nouveau standard dans les formes métastatiques à haut risque, d’autant que STAMPEDE a retrouvé un bénéfice équivalent dans le sous-groupe métastatique sans différence dans les sous-groupes de facteurs analysés. Reste alors à définir la place de l’AA. Doit-il précéder ou suivre le docetaxel ? Faudra-t-il les associer d’emblée ? » a conclu le Pr Fizazi.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
Fizazi K et coll. : LATITUDE: A phase III, double-blind, randomized trial of androgen deprivation therapy with abiraterone acetate plus prednisone or placebos in newly diagnosed high-risk metastatic hormone-naive prostate cancer.
Fizazi K et coll. : Abiraterone plus Prednisone in Metastatic, Castration-Sensitive Prostate Cancer. N Engl J Med. 2017. Publication avancée en ligne le 4 juin 2017.
Congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) (Chicago, Etats-Unis) : 2 - 6 juin 2017.

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