Les nouveaux outils diagnostiques en allergologie

Chaque médecin sait que les allergies en tout genre constituent un groupe de pathologies dont la prévalence est croissante. Non seulement à cause de phénomènes liées à la pollution, mais également par la variété importante des aliments et autres produits de consommation (parfums, etc) qui envahissent les rayons des supermarchés et donc, in fine, nos habitations et nos assiettes. Un diagnostic causal précis est souvent difficile à poser, et les nouveaux outils sont donc toujours bienvenus. Le docteur Amaryllis Haccuria (Erasme) a abordé trois de ces outils lors d’un symposium consacré notamment à l’asthme.

Le premier outil évoqué était le test d'activation des basophiles. Il est possible pour dépister une allergie à un médicament (β-lactames, quinolones…), à un venin, à un aliment ou au latex, et tout particulièrement lorsqu'il existe une discordance entre l'anamnèse et les prick-tests cutanés ou les IgE sériques (ELISA). Il est également utile lorsque l'histoire du patient suggère qu'un prick-test pourrait induire une réponse systémique, ou chez le patient à haut risque. Son intérêt a été également démontré dans la mucoviscidose, où une composante allergique peut être trouvée.

Le deuxième outil discuté par la spécialiste est l'utilisation des allergènes recombinants. A l'inverse des allergènes « globaux » (qui sont un mélange de différents allergènes), il s'agit de protéines produites par des cellules dont l'ADN a été modifié par recombinaison génétique. Les allergènes recombinants permettent de mieux préciser le profil allergique d'un patient, de mieux cibler le traitement de désensibilisation et de s'y retrouver mieux dans les nombreux cas de polysensibilisation. Ainsi, ils présentent notamment des avantages certains face au prick-test dans les suspicions d'allergies alimentaires. Un bon exemple est celui du prick-test pour la cacahouète : des faux négatifs (avec notamment les oléosines) se produisent avec certains extraits commercialisés, et des faux positifs peuvent s'observer à cause de composants responsables de réactions croisées.

Enfin, le troisième outil présenté était le test ImmunoCAP ISAC (1). Il s'agit d'un test in vitro basé sur une technologie de biopuce, et qui permet de montrer semi-quantitativement les IgE en relation avec 112 composants.

Il couvre 51 sources allergéniques en une seule analyse, à partir du sérum du patient.

Gare au soja

De quoi sera fait le futur? Une des pistes ouvertes est celle du développement de prick-tests cutanés avec des allergènes recombinants. Du côté de la prévention, il conviendra d'étendre l'information à usage du consommateur au sujet des allergènes potentiels contenus dans les aliments. Et aussi, au niveau industriel, de proposer notamment des aliments de type hypoallergéniques en ce qui concerne la protéine PR-10 du soja (alias glycinine m 4, qui peut entraîner des réactions importantes chez les enfants allergiques au pollen de bouleau).

(1)  https://www.youtube.com/watch?list=UUW4_L-NGuO9IdQ3hgSyivmw&v=XasyxWIFfQM

Dr Claude Leroy

Référence
Congrès de la Société Belge de Pneumologie (Anvers): 2-3 décembre 2016.

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