Après les revirements d’Agnès Buzyn, 10 propositions « pour protéger des risques de l’alcool »

Paris, le mardi 17 avril 2018 - Après avoir rappelé, précautionneusement, que le vin fait « fait partie de notre paysage, qu’il participe à notre vie sociale et festive, et qu’il concourt à l’image de la France » une vingtaine de personnes signataires* d’une lettre ouverte, principalement des médecins, présentent une liste de dix mesures visant à « protéger des risques de l’alcool ».

Va-t-on enfin correctement prévenir les femmes enceintes ?

Les auteurs de ce texte proposent en premier lieu que soient indiqués « sur les contenants la quantité en grammes d’alcool et de sucre, le nombre de calories de manière claire, lisible et contrastée » et que figure « sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée un pictogramme clair, visible et contrasté marquant la contre-indication de toute consommation aux femmes enceintes ».

Notons que ce second point fait l’objet d’âpres discussions depuis plusieurs années et que le lobby alcoolier est toujours parvenu à faire reculer ceux qui appellent à une meilleure visibilité de ce pictogramme.

Récemment, Agnès Buzyn a précisé que de nouvelles négociations sont en cours et qu’il y aurait bien, dans les prochains mois, une refonte de cet avertissement.

Emmerder les Français : c’est possible !

Le collectif recommande ensuite « que soit inscrit sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée la mention “l’alcool est dangereux pour la santé” » et non plus « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». En outre, il préconise que soient interdites toutes les mentions supplémentaires non légales du type « à consommer avec modération ». Sur ce point, notons le revirement d’Agnès Buzyn qui avait fait valoir qu’elle souhaitait une telle réforme jusqu'à ce qu’elle soit désavouée par d’autres membres du gouvernement et même pas le Président de la République qui a estimé à propos de la consommation de vin qu’il ne fallait pas « emmerder » les français.

Sur ce sujet, les lecteurs du JIM sont invités à se prononcer depuis plusieurs jours à travers un sondage dont les résultats seront prochainement analysés.

Les porteurs de ces « dix mesures efficaces » mettent également en avant l’impérieuse nécessité que soit interdite la publicité pour l’alcool conformément aux dispositions initiales de la loi Evin et que cette règle soit élargie au numérique. Parallèlement, ils insistent pour la large diffusion de la recommandation officielle de ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine et pas plus de 2 verres standard par jour.

Quelques idées originales en matière de taxation

Le texte suggère aussi « que soit taxé l’alcool proportionnellement au contenu en grammes d’alcool » et que soit défini « un prix minimum de vente par unité d’alcool pour toutes formes d’alcool », les nouvelles recettes engrangées devant permettre de financer des programmes de « repérage précoce » et la recherche « indépendante ».

Enfin, ils soulignent l’importance de la publication d’un rapport parlementaire biennal évaluant la mise en œuvre des politiques dédiées.

Les signataires somment, en conclusion, le gouvernement de choisir entre leurs propositions et celles de « la filière alcool »…

*Parmi lesquels, Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie (université Paris-XI), Irène Frachon, pneumologue (Brest), Serge Hercberg, professeur de nutrition (université Paris-XIII) , Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions et André Grimaldi, professeur émérite CHU Pitié Salpêtrière.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (3)

  • L’alcool, ce comorbide...

    Le 22 avril 2018

    L’alcool, comme la vie est dangereux pour la santé.

    Dr Pierre Castaing

  • L'alcool, c'est comme la vie, dangereux (réponse)

    Le 22 avril 2018

    Mot d'esprit gratuit, et pour môa, parfaitement déplacé (je reste poli).

    J'en propose un autre: "On peut faire les conneries qu'on veut, à condition de ne pas le faire payer aux autres !".

    Dr Virgile Woringer

  • Virgile et ses bu-coliques

    Le 23 avril 2018

    Soit l’alcool coûte cher aux autres par le biais de la Sécu (qu’on a désormais du mal à considérer comme une assurance santé au même titre que toute autre assurance ou mutuelle) mais il faut alors cher Virgile bannir toute addiction, toute conduite à risque et à mon avis la jeunesse et la vieillesse, soit un de vos proche à été victime d’un chauffard alcoolisé et là je m’incline.

    Condoléances confraternelles?

    Dr Pierre Castaing

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