Contre l’allergie alimentaire, adoptez un chien !

La prévention des allergies est devenu un enjeu majeur pour enrayer leur progression. Le rôle du microbiome semble de plus en plus évident dans le développement de certaines manifestations allergiques, comme la dermatite atopique, l’atopie et le wheezing. Certaines conditions, comme la naissance par césarienne ou un traitement antibiotique perturbent son développement et sont associés à une augmentation du risque d’allergie. D’autres situations, en revanche, semblent prévenir la survenue des allergies, en favorisant un enrichissement du microbiome : vie dans une ferme, nombreux frères et sœurs, fréquentation des crèches et autres lieux de garde publics et présence d’animaux au foyer.

C’est ce dernier facteur qu’a choisi d’explorer une équipe londonienne. Les données d’une précédente étude sur l’allergie alimentaire des enfants ont été reprises, pour une analyse secondaire du lien entre ces allergies et la présence d’un chien au foyer. Au total, 1 124 enfants participaient à l’étude. Ils ont été testés à 3 mois, 12 mois et 36 mois.

Une réduction du risque de 90 %

Sur l’ensemble de ces enfants, 6,1 % présentent une allergie alimentaire. Après ajustement sur différents facteurs (atopie, sensibilité maternelle aux chiens/chats, dermatite atopique familiale), le fait de vivre avec un chien était associé à une réduction de 90 % du risque de développer une allergie alimentaire (OR=0,10 ; IC95 % : 0,01 à 0,71). Il pourrait même exister ce que les auteurs appellent un « effet-dose », puisque la cohabitation avec au moins deux chiens semble prémunir totalement de l’allergie alimentaire. Les données suggèrent que cette association inverse entre la présence d’un chien à la maison et la sensibilité alimentaire commencerait vers l’âge de 3 mois, mais cette étude n’était pas formulée pour permettre d’évaluer l’impact de la présence d’un animal pendant la grossesse.

La présence de chiens influence l’environnement bactérien du foyer. Les genres Prevotella, Porphyromonas, Morazella et Bacteroides sont très présents dans la bouche et l’intestin des chiens et l’existence de ces phylotypes dans les foyers permet d’affirmer avec une grande spécificité la présence d’un de ces animaux. Leur fréquentation rapprochée expose l’enfant à ce microbiote environnemental spécifique, sans doute par l’intermédiaire de la poussière de maison, sans compter que la possession d’un chien peut aussi favoriser le contact des membres de la famille à l’environnement naturel de celui-ci.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Marrs T et coll. : Dog ownership at three months of age is associated with protection against food allergy. Allergy 2019 74(11):2212-2219.. doi: 10.1111/all.13868.

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Vos réactions (2)

  • Zut alors !

    Le 13 novembre 2019

    Récapitulons, je suis issue d'une grande fratrie (8 frères et soeurs), il y a toujours eu un chien à la maison, je suis née à terme... et je suis tellement allergique que je ne peux même plus entrer dans un hôpital sans que, ce qui est en suspension dans l'air ne créé chez moi une réaction allergique de type œdème de Quinck (même avec un masque). Ce qui a nécessité un reclassement professionnel et presque l'abandon de ma profession.

    Je dois être dans les 10 % , pas de chance ! Ah j'oubliais, peut-être que cette inégalité est liée à mon héritage génétique d'être né d'au moins un parent asthmatique (merci papa !). Ce détail a son prix, dommage qu'il ne soit pas pris en compte dans l'étude.

    C. Durand

  • Rôle de l'atopie familiale (Réponse à C. Durand)

    Le 14 novembre 2019

    Les antécédents familiaux d'atopie ont bien été pris en compte dans l'étude. Dans les facteurs d'ajustement, il est indiqué "atopie", il fallait écrire "atopie familiale". Donc en effet, pas de chance!

    Dr Roseline Peluchon

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