Dépistage du Covid-19, l’Etat refuse l’aide des laboratoires vétérinaires !

Paris, le lundi 30 mars 2020 – Alors que la France accuse un important retard sur certains de ses voisins européens quant au dépistage du Covid-19, l’État a refusé l’aide des laboratoires vétérinaires, qui disposent pourtant d’une capacité importance dans ce domaine.
L’exécutif le martèle haut et fort depuis deux semaines : notre pays est en guerre contre le coronavirus. Et en temps de guerre, toutes les initiatives, publics comme privées, sont bonnes à prendre pour lutter contre l’ennemi commun. Dans ce contexte, la décision du gouvernement de refuser l’aide proposée par les laboratoires vétérinaires dans le dépistage de la population apparait difficilement compréhensible.

Un obstacle juridique qui passe mal

L’initiative était venue du laboratoire vétérinaire public Inovalys, situé dans l’Indre-et-Loire, qui avait généreusement proposé de mettre au service de l’État sa capacité à réaliser 1 000 tests Covid-19 par jour. Cette proposition, relayée par plusieurs élus locaux, a reçu le soutien de l’Académie vétérinaire de France. Dans un communiqué publié ce samedi, l’Académie a invité tous les laboratoires vétérinaires du pays à se joindre à cette initiative et à participer à la lutte contre l’épidémie. Mais cette offre a finalement fait l’objet d’une fin de non-recevoir du ministère de la Santé.

Pour justifier son refus, le gouvernement a opposé un argument juridique, la réglementation en matière de tests n’étant pas la même pour les animaux et les humains. Mais en ces temps de crise, où le gouvernement s’affranchit de tous les obstacles juridiques, y compris de la Constitution, cet argument ne passe pas. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé ce jeudi, plusieurs élus locaux appellent Olivier Véran à revoir sa position.

Mettre à profit l’expérience des vétérinaires

« Nos équipes en première ligne ne comprendraient pas que tous les moyens disponibles, en particulier l’augmentation du nombre de tests, n’aient pas été mis en œuvre par l’État pour augmenter le nombre de tests afin de préserver leur santé » peut-on lire dans ce courrier.

Selon l’Académie vétérinaire, l’Etat ne peut pas se passer des laboratoires vétérinaires en ces temps de crise. Les maladies à coronavirus étant très fréquentes chez les animaux, le monde vétérinaire a acquis une grande expérience dans ce domaine. « Il est très dommage que dans cette crise, les autorités sanitaires françaises n’utilisent pas les compétences du monde vétérinaire sur les pandémies et sur sa connaissance du coronavirus » se désole Jean-Luc Agnot, président de l’Académie.

100 000 tests par semaine

Les services vétérinaires français comptent 80 laboratoires publics et une dizaine d’autres dans le privé. Surtout, ils disposent de cinq sociétés productrices de réactifs qui pourraient, selon elles, produire 100 000 tests par semaine dans les 15 jours. En Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis, les laboratoires vétérinaires ont d’ores et déjà été réquisitionnés pour augmenter la capacité de dépistage.

La mobilisation des élus et de l’Académie semble commencer à porter ses fruits, le Premier Ministre ayant déclaré « réfléchir à la question ». En prévision d’un énième revirement du gouvernement, plusieurs laboratoires se sont déjà préparés à entrer dans la bataille.

QH

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Vos réactions (9)

  • Consternant

    Le 05 avril 2020

    Je ne pense pas avoir de mots assez durs pour qualifier cette attitude de refus.

    Dr Jacques Soots

  • Toujours un temps de retard

    Le 05 avril 2020

    Politiciens bien médiocres et tergiversations d'une administration ubuesque en France.

    Dr Gilles Michel

  • Il faudra des explications

    Le 05 avril 2020

    Lamentable! problème juridique? On est où ? Il faudra des explications...

    Dr Jean-Paul Vasse

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