Dernière bataille pour l’hôpital public

Interview du Pr André Grimaldi, Collectif inter-hôpital de l'AP-HP


Chapitres


Ce 14 novembre sera, peut-être, un jour historique. Infirmiers, aides-soignants, médecins et patients entendent « sauver l’hôpital public » par une mobilisation nationale. Un appel qui intervient six mois après le commencement d’un mouvement inédit aux urgences et alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour prédire « l’effondrement » prochain de l’hôpital public.

Pour éteindre l’incendie le ministre de la santé a annoncé deux plans successifs pour les urgences et promet de nouvelles mesures pour tout l’hôpital. Mais rien, pour l’heure, n’a permis de calmer la colère des hospitaliers.

Une grogne qui vient de loin puisque, rappelons-le (40 ans du JIM oblige), en 1987 notre journal prophétisait, pour l’hôpital,  un naufrage semblable à celui du Titanic !

Parmi ces hommes en colère, le Pr André Grimaldi, initiateur de l’un des premiers collectifs inter-hôpitaux qui essaiment aujourd’hui en France et qui réunissent pour la première fois tous les personnels quels que soient leurs galons. Il livre ici ses réflexions sur la crise et sur la « dégradation » à laquelle il a assisté ces dernières années.

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Vos réactions (2)

  • Possibilité pour la sécu de proposer des assurances complémentaires

    Le 14 novembre 2019

    Je soutiens depuis longtemps le Professeur Grimaldi, notamment pour sa proposition de donner le droit à la Secu de gagner de l'argent, elle aussi, en venant sur le marché de l'Assurance Maladie Complémentaire. Martin Hirsch et les économistes de Terra Nova sont egalement dans cette optique. Avec les mêmes tarifs, et des frais de gestion 80% moins élevés que les complémentaires,la Secu degagera des excedents de gestion qui seront bien utiles dans le cas présent ! Et comme le calendrier du passage de son budget devant les 2 assemblées coincide avec l'actualité brulante de l'Hopital, cet "alignement des planètes" doit absolument être utilisé par Mme Buzyn pour étendre cette mutuelle par un amendement du Gouvernement, à tous les Français, avec un droit d'adherer volontairement sur cotisation à la nouvelle Mutuelle Complementaire de Solidarité, pour ceux qui sont au dessus des plafonds. Ainsi, les riches paieront un peu pour les pauvres, sans que cela leur coute plus cher que l'actuel système !

    Michel Le Moux (pharmacien)

  • Vision type ancien de l'AP-HP, peu connue pour son efficience

    Le 15 novembre 2019

    Discours contenant quelques vérités mais franchement myope : vision d'un hospitalier qui ne connaît visiblement pas le secteur privé et seulement l'AP-HP. La loi Bachelot donne le montage suivant : un CHU moyen représente 4000-6000 employés au minimum et on prétend qu'une gouvernance pyramidale est adaptée, qui plus est sans aucun "retour du marché" pour les décideurs qui ne connaissent pas les métiers n'ont aucune notion de l'épidémiologie du bassin de population où ils sont implantés et sont soumis à toutes une série de contraintes émanant directement du ministère !!? Aucune entreprise ne peut fonctionner de la sorte et on penserait qu'en injectant quelques millions dans ce tonneau des Danaïdes on résoudrait tout ? Par ailleurs, le confort du budget global de Mr E. Hervé a endormi l'hôpital qui s'est vu demander de l'efficience brutalement par la loi Bachelot, laquelle a imposé en même temps l'organisation décrite ci-dessus.

    Parallèlement, on a demandé une sécurité toujours accrue, on a créé des normes, les poursuites judiciaires se sont intensifiées ... comme dans un système à l'Américaine en pensant qu'on pourrait lui allouer un budget type NHS anglais. Et on se demande pourquoi ça ne marche pas ? A force d'étrangler financièrement les professionnels de santé (allez vivre à Paris avec un salaire d'aide-soignante ou d'infirmière...voire de PH débutant), la médecine de ville, faute de combattants, ne peut plus répondre aux besoins amenant les patients à affluer à l'hôpital…

    Dr Claude Krzisch

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