Drame de Millas : les médecins (lourdement) mis en accusation par la défense

Millas, le vendredi 5 octobre 2018 - Le 14 décembre 2017, un accident entre un bus scolaire et un TER coûtait la vie à 6 collégiens entre Millas et Thuir, dans les Pyrénées-Orientales. Huit mois après le drame les expertises diligentées par la justice ont conclu que « l'origine de cet accident provient d'un freinage tardif de la conductrice de l'autocar », ce qui va à l'encontre de ce qu’elle avait toujours soutenu, à savoir que les barrières étaient levées lorsqu'elle avait traversé la voie.

Désormais, son avocate Maître Jehanne Collard met en cause… la responsabilité des médecins dans cette affaire : la conductrice s’étant vue prescrire des « somnifères » ces sept dernières années.

Interviewée par France Info, la juriste ne s’embarrasse pas de nuances et tonne: « les vrais responsables sont probablement ces médecins qui n'ont pas fait leur travail et qui ont prescrit des médicaments dont les effets secondaires étaient dangereux pour quelqu'un qui conduisait (…). Ce qui est important dans ce dossier, et pour tous les enfants de France qui montent dans des cars scolaire, c'est que des médecins puissent prescrire à quelqu'un qui conduit des enfants, des somnifères dont les effets secondaires sont très lourds » a-t-elle martelé avant de conclure « ce sont les médecins qui ont fait leur travail avec irresponsabilité, incompétence, manque de conscience professionnelle, qui sont les plus responsables ».

Face à cette nouvelle piste de la défense, le juge d'instruction vient de désigner deux experts afin de déterminer si les molécules prescrites à la conductrice du car ont pu avoir une incidence dans l'accident. Si la réponse de cette expertise est positive, elle ne pourra cependant nullement conduire à une reconnaissance automatique d’une éventuelle responsabilité de ses médecins.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (26)

  • Somniferes

    Le 05 octobre 2018

    Ben voyons...! Bien sur, les médecins sont responsables de tout..! C'est facile.
    Des arrêts de travail de générations de "fatigués "que l'on a construit depuis des décennies.
    De la prescription de somnifères aux mêmes parfois...en sachant que les embuches à la prescription de zolpidem et zopiclone d'action brève amènent probablement une grande partie de la France à utiliser des benzos qui, elles, pour certaines, posent un problème de durée de vie... Merci les pouvoirs publics...
    Et si c'était finalement tout simplement eux les coupables…

    Dr Xavier Rollin

  • Freinage et somnifères...

    Le 05 octobre 2018

    Cette accusation est inouie...les français sont les champions du monde de consommation de somnifères. Elle a freiné trop tard, mais toutes les autres fois où elle a freiné, apparemment cela n'a jamais été trop tard...c'est du grand n'importe quoi! Elle et ses avocats cherchent n'importe quel responsable pour cet accident catastrophique où l'expertise et les témoins ont affirmé que les barrières étaient fermées! C'est donc plutôt un trouble de la vision qu'il faudrait invoquer qu'un "retard au freinage!". C'est peut-être la faute à l'ophtalmo ?

    Dr Astrid Wilk

  • Boucs émissaires ?

    Le 06 octobre 2018

    Il me parait clair que prescrire des médicaments psychotropes à une conductrice de car, peut poser problème. Et cela d'autant plus si ces psychotropes sont des hypnotiques.
    Mais accuser ainsi les médecins, c'est en faire facilement des boucs émissaires.

    En effet, cette patiente avait sans doute besoin de repos et donc plus d'arrêts de maladie que de médicaments. Burn out?
    Mais l'avocate oublie ici que les médecins sont "harcelés" par les CPAM à propos de la délivrance des arrêts de maladie.
    De plus, la médecine du travail est fortement sous pression des employeurs pour éviter toute inaptitude ou poste adapté.

    Donc exercer la médecine est devenu de plus en plus difficile.
    Soigner correctement les patients c'est faire face à des pressions qui ne devrait pas avoir lieu.
    L'avocate fait son travail de défense, mais en s'attaquant ainsi aux médecins elle emploie l'habituelle technique du bouc émissaire.
    C'est intolérable.

    Dr Marc Gourmelon

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