Etudiez, cela protège de la maladie d’Alzheimer !

En dehors de l’âge et de la présence de l’allèle E4 de l’apolipoprotéine E, les causes de la maladie d’Alzheimer sont encore inconnues. Si l’on ajoute à cela le fait que les résultats des essais thérapeutiques sont décevants, l’on comprend l’intérêt croissant pour l’identification de facteurs de risque modifiables, qui pourrait orienter la prévention. Des études observationnelles conventionnelles ont montré qu’un faible niveau d’études était associé à une augmentation du risque. Plusieurs autres facteurs ont fait l’objet de recherches, sans que la preuve formelle de leur implication puisse être apportée. C’est le cas de l’obésité, l’hypertension, le diabète, le tabac, un taux faible de folates ou de vitamine D, qui pourraient augmenter le risque, ou l’activité physique, une alimentation saine, une consommation modérée d’alcool ou de café qui au contraire le réduiraient.

Les études observationnelles sont toutefois  susceptibles de comporter de nombreux biais. Cet obstacle peut être contourné par la randomisation mendélienne. C’est ce que propose une équipe internationale, en appliquant la randomisation mendélienne à 24 facteurs de risque potentiels de la maladie d’Alzheimer. Au total 17 008 patients atteints ont été comparés à 37 154 sujets témoins.

Un risque réduit de 11 % par année d’études

Les résultats confirment le rôle joué par le niveau d’étude. Les individus prédisposés génétiquement à faire de longues études ont un risque de maladie d’Alzheimer réduit de 11 % par année d’études complétées et de 26 % quand ils atteignent l’université. Les résultats suggèrent aussi une association entre une réduction du risque et le niveau d’intelligence génétiquement déterminé. Le risque paraît aussi diminué par la prédisposition génétique à la consommation de tabac ou une concentration élevée de 25 OH vitamine D. En revanche, la consommation de café semble l’augmenter.

Une fois encore, le lien entre le niveau d’études et la maladie d’Alzheimer semble se confirmer. L’une des explications est que de longues études assurent en quelque sorte une « réserve cognitive » qui permet à l’individu de faire appel à de nouveaux circuits ou de nouveaux paradigmes cognitifs pour compenser le vieillissement cérébral et de masquer les signes de la maladie avant qu’elle ne soit diagnostiquée.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Larsson SC et coll. : Modifiable pathways in Alzheimer’s disease: Mendelian randomisation analysis. BMJ 2017 ;359: j5375

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Vos réactions (3)

  • Oui

    Le 12 décembre 2017

    Étudiez, cela protège de la maladie d’Alzheimer !

    Oui toutes les maladies d’Alzheimer rencontrées autour de moi correspondaient à un changement de place dans la société après la retraite.

    Dr Jean Doremieux

  • Randomisation Mendelienne ?

    Le 12 décembre 2017

    Sur quelles études préalables d'association de gènes à l'exposition au risque, indispensables et surtout solides, les assertions de l'article reposent t-elles?

    Outre le fait que association et causalité n'ont rien à voir a priori, que la réponse génétique au risque peut être surdéterminée (matricielle?conditionnelle ? fréquentiste te/ ou Bayesienne etc...), on retrouve là encore la théorie anglosaxonne du "tout génétique"...(la "morale" serait d'ailleurs d'origine évolutionniste/ génétique!).

    Les boufonneries de certains épidémiologistes (dont les carences abyssales en sciences fondamentales sont fréquentes...) ne cesseront jamais de m'étonner.

    Remarque: il existe dans cet article une regrettable confusion entre conséquences cognitives de la maladie(hypothétiquement compensables par la faculté acquise ou pourquoi pas innée de développer un large panel de stratégies cognitives), et lésions neuro dégénératives : tout celà pour dire qu'une maladie dégénérative (ex de la de la maladie de Pick) est plus difficile à diagnostiquer chez un "intellectuel".

    Dr Yves Darlas



    Dr YD

  • Eternel combat entre l'inné et l'acquis

    Le 13 décembre 2017

    Il me semble aussi que les grands musiciens ne font pas de maladie d'Alzheimer du fait d'un développement majeur des fonctions mnésiques ! Là c'est de l'acquis mais aussi faut-il des qualités innées pour devenir un chef d'orchestre qui connait par coeur des centaines de partitions. C'est l'éternel combat entre l'inné et l'acquis.

    Dr Daniel Faucher

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