Fermetures des petites maternités : Macron et Buzyn persistent et signent

Paris, le vendredi 15 février 2019 – Le Blanc, Bernay, Creil…la liste des villes dont la maternité de proximité a fermé ou va prochainement fermer s’allonge de semaine en semaine. Et pour cause, à un mouvement initié dans les années 70 s’est ajoutée la décision des pouvoirs publics de fermer les « petites maternités » pour des raisons de « sécurité » et de les transformer en « maison de périnatalité ».

Mais, comme toujours en France, et particulièrement en ce moment, la grogne monte. 

Quand Elise Lucet s’en mêle

A l’occasion du Grand débat national, le maire de Le Blanc, Annick Gombert a ainsi demandé des explications au Président de la République et lui a demandé de rouvrir sa maternité. Emmanuel Macron, ferme sur sa position, lui a opposé un refus catégorique bien que des femmes en robe écarlate et bonnet blanc, symboles de la lutte en faveur de cet établissement, ont manifesté sur son passage. « Si je voulais vous faire plaisir et vous dire que la maternité du Blanc pourrait rouvrir, je ne serais pas responsable (…) Je ne suis pas gynécologue-obstétricien mais j'ai regardé les rapports. Ce que tous les professionnels disent, c'est qu’un nombre minimum d'actes est nécessaire pour que cela ne devienne pas dangereux, ici on n'y est plus depuis un moment » a-t-il expliqué.

Rappelons que le chef de l’État avait déjà été confronté à une question similaire au sujet de la maternité de Bernay dans l’Eure et qu’il y avait apporté une réponse de la même teneur.

Enfin, hier soir, l’émission Envoyé spécial est allée à la rencontre de femmes enceintes se sentant abandonnées et inquiètes. Le reportage, manifestement en défaveur des fermetures, avançait notamment qu’un temps de trajet de 45 minutes entre le domicile et la maternité double le risque de mortalité périnatale.

Après la diffusion du sujet d’une trentaine de minutes, la présentatrice Elise Lucet recevait Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Cette dernière a tout d’abord indiqué avoir pris des mesures « d’accompagnement des transports » et « d’hôtellerie hospitalière » pour pallier les difficultés liées à la fermeture des petites maternités.

Elle a en outre déploré que l’enquête ne se soit concentrée que sur les difficultés liées aux transports et n’ait jamais évoqué les risques associés aux « maternités qui dysfonctionnent » en raison d’une insuffisance d’effectifs. Elle a également assené qu’il était « totalement faux » de dire que ces centres étaient fermés pour des raisons économiques et non sanitaires.

Elle a enfin martelé qu’il serait irresponsable de sa part d’aller contre une décision d’une ARS (Agence régionale de santé) prise au nom de la santé publique. Sans surprise, les réseaux sociaux n’ont pas manqué de vertement critiquer le ministre suite à sa prestation face à Elise Lucet…

F.H.

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Vos réactions (8)

  • Arrêter les mannipulations grossières

    Le 15 février 2019

    Mais les risques liés au sous-effectif n'est pas une situation spontanée. C'est le résultat d'une politique laquelle est bien celle de la ministre en question. Ces gens là doivent arrêter les mannipulations grossières ; celles même qui nous ont conduits aux émeutes. Ils n'arrivent pas à comprendre que d'autres soient capables de saisir ce qu'ils font!

    Jean-Charles Haute

  • L'exemple des Pays-Bas

    Le 16 février 2019

    Et pourquoi ne pas faire comme aux Pays-Bas? Où les médecins et le personnel soignant doivent justifier un nombre d'heure minimum afin que leur diplome reste valide pour les 5 prochaines années (que ce soit heures de travail, de cours, de formations, etc). Ainsi le personnel soignant reste à la pointe. On ne parle plus des locaux où les accouchements sont fait, mais bien du personnel pratiquant !

    Bonne journée des Pays-Bas,

    Nadia, infirmière

  • Un cas personnel

    Le 17 février 2019

    En Belgique, une autre expérience qui ne concerne pas les maternités mais m'a fait reconsidérer le problème des hôpitaux dits "de proximité."
    Il y a une vingtaine d'années, au cours d'un week-end pascal à la côte belge, mon épouse est victime d'une rupture d'anévrisme cérébral.
    Le SAMU intervient rapidement et l'évacue vers la clinique la plus proche. L'ambulance attend le résultat du scan. Bruges n'est pourtant qu'à 15 km avec son hôpital de niveau CHU. Le scan s'étant révélé rassurant, on penche pour une embolie pulmonaire et entreprend sur place le traitement supposé adéquat. Juste de quoi l'achever!
    Ce n'est que deux jours plus tard que, son état s'aggravant, elle sera transférée à Bruges en hélico! J'apprendrai plus tard que c'est la vétusté du scan qui a permis de passer à côté d'un diagnostic immédiat.
    Pour avoir voulu "occuper un lit" et sous le fallacieux prétexte de gagner dix minutes, on a pris le risque maximum.
    Elle est passée miraculeusement par le chas de l'aiguille mais vingt an plus tard, ses séquelles me rappellent chaque jour que la sécurité se trouve parfois à quelques kilomètres!

    M. Lucien, Pharmacien

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