La santé des femmes en danger ?

Interview du Dr Lorraine Maitrot-Mantelet, praticien hospitalier, service de gynécologie médicale, hôpital Port-Royal, Paris

« La santé des femmes en danger ! » c’est avec ce slogan choc que se formait, en 1997, le CDGM (Comité de défense de la gynécologie médicale), alors qu’à l’époque, cette spécialisation avait disparu des études de médecine depuis plus de 10 ans.

En 2003, fort du soutien grandissant des femmes françaises, le CDGM obtenait gain de cause avec la création d’un DES de gynécologie médicale.

Cette discipline, qui constitue une exception française, demeure toujours menacée de disparition. Pour en prendre le pouls,  le JIM a rencontré l’une de ses représentantes, également membre du CDGM, le Dr Lorraine Maitrot-Mantelet de l’hôpital Port-Royal à Paris.

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Vos réactions (4)

  • Et les sages-femmes ....

    Le 07 juin 2018

    Sauf erreur de ma part sur plus de 15 minutes d'interview, la possibilité de suivi de prévention et de dépistage d'une patiente par son médecin traitant à été évoqué 3 ou 4 fois, par une sage-femme seulement 1 fois. Cependant c'est une compétence ouverte aux sages-femmes, qui voient leur activité dans ce domaine exploser dû notamment à la pénurie de gynécologues justement soulignée ici.

    Il est aussi évoqué la complémentarité des gynécologues médicaux et obstétriciens, il en est de même avec les sages-femmes et médecins traitants, qui souffrent aussi de cette rivalité avec les 2 professions citées ci-dessus...

    Quand aux " violences gynécologiques " ou même sans aller dans cette extrême le manque d'empathie et de disponibilité est la seconde raison qui poussent les femmes à se tourner vers les sages-femmes, en plus du manque de praticien (qui pénalisent aussi les acteurs de prévention lorsqu'il faut orienter les patientes en cas de pathologie). Il serait bon d'étudier la façon dont l'enseignement est fait (mettre l'étudiant en situation de sécurité et non de danger qui l'oblige à s'armer pour supporter le stress et donc souvent à se détacher des patients, appuyer sur le fait que dans le domaine de la médecine on soigne des humains [âme et corps] et pas seulement des corps) mais aussi et surtout ouvrir le NC pour permettre à chacun d'avoir la possibilité de prendre le temps avec ses patients et non pas d'avoir l'obligation de doubler ses RDV afin de palier à la demande.

    Laurie Vilo (SF)

  • Redéfinir cette spécialité

    Le 10 juin 2018

    Je constate régulièrement, (avec effroi devant des cancers avancés) dans ma région (la Picardie) l'absence de dépistage du cancer du col utérin, sous le prétexte que "le frottis est fait par un gynécologue" alors que les femmes de notre région rurale n'ont comme seul interlocuteur que le médecin généraliste (et pas les sages femmes). On a formé des spécialistes du brossage de col, et qui traitaient la ménopause, ce qui était à la portée de personnels moins qualifiés. En sus des gynéco-obstétriciens, deux types de soins, en revanche, peuvent nécessiter une telle spécialité : la PMA (et on n'a pas vraiment besoin de beaucoup de personnes) et la cancérologie médicale gynécologique. Comme dans d'autres domaines en médecine, il faut redistribuer les gestes nécessaires mais ne nécessitant pas de compétence très longue à obtenir vers les professions paramédicales et former des médecins pour les interventions plus complexes. As-t-on besoin de plus d'une demi-heure de formation pour apprendre à faire un frottis ? Je pense que non. De même a-t-on besoin d'une formation de 12-13 ans pour contrôler une tension artérielle ?


    Dr Claude Krzisch

  • En réponse à ces premières réactions, il se trouve ....

    Le 11 juin 2018

    ...qu'il s'agit d'un article sur la spécialité de gynécologie médicale (spécialité qui a jusqu'à présent nécessité des études de médecine), et non d'un article sur les sages-femmes...
    ...qu'il ne sert à rien de faire un frottis lorsqu'à l'examen direct du col existe un cancer du col évident, alors que ce frottis peut même se retrouver négatif "inflammatoire" dans cette circonstance...et que les gynécologues médicaux sont formés pour ces diagnostics et en particulier pour aller plus loin que le frottis lorsqu'un signe les alerte...et qu'il arrive que les gynécologues médicaux prennent la TA au sérieux avec raison et avec un arbre de décision de prise en charge qu'ils ont appris au cours de leurs études médicales (puisqu'ils sont aussi médecins).

    Mais que nous savons bien que tout celà ne sert pas à prêcher des gens convaincus du contraire de la nécessité de notre spécialité.

    Dr Dominique Sperandeo

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