L’Aquarius reprend la mer et n’évitera pas les vagues de polémiques

Marseille, le jeudi 2 août 2018 – Le bateau de sauvetage en mer Aquarius, géré en partenariat par les ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF) a quitté, hier, le port de Marseille.

Ce nouveau départ fait suite à une longue escale inédite de plus d’un mois et une dernière mission qui avait été entravée par le refus de nombreux ports européens d’accueillir les migrants présents à son bord.

Ce séjour prolongé a été la conséquence de « l’évolution du contexte en Méditerranée qui a gravement affecté les opérations de secours » souligne MSF. Ainsi, comme l’avait déploré François-Xavier Daouadal, infirmier pour MSF auprès du JIM « il n’y a plus d’espace humanitaire en mer Méditerranée », notamment en raison de l’arrivée au pouvoir d’une coalition menée par la Ligue en Italie. Cette dernière refuse désormais, le plus souvent, d’accueillir des migrants sur son sol et s’indigne que les naufragés ne soient pas débarqués en Libye.

« L’Aquarius ne débarquera pas les personnes sauvées en mer en Libye »

Dans cette optique, il a été mis sur pied, depuis quelques semaines, un Centre conjoint de coordination des secours libyen qui a été reconnu par l'Organisation maritime internationale à la fin du mois de juin et qui devrait faire office de MRCC (Maritime Rescue Coordination center) libyen qui pourra, le cas échéant, faire accoster ces navires sur son sol.

Des ordres, que MSF se promet de ne pas respecter puisque l’organisation constate que « la Libye n'est pas un lieu sûr pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants. Un lieu sûr est un endroit où leurs besoins fondamentaux sont respectés, mais aussi un endroit où ils peuvent demander la protection à laquelle ils ont droit et où ils ne courent pas le risque d'autres abus et violations, ce qui n’est pas le cas de la Libye pour l’instant ».

Une position qui ne manquera pas d’alimenter les débats…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (11)

  • Admettons...

    Le 05 août 2018

    ...que la Libye ne soit pas un pays très accueillant, en sachant que les "migrants" qu'il faut secourir au large des côtes Libyennes ne descendent pas de la planète Mars: ils viennent tous de...Libye, ou ils se sont rendus délibérément et souvent à grands frais, ils ont donc survécu à leur passage dans ce pays décrit comme un véritable enfer par nos humanitaires, et on peut penser qu'ils survivraient également à une traversée en sens contraire (retour à la case départ) qui serait organisée avec la logistique nécessaire, encadrée et si besoin surveillée de près par les instances internationales.

    Ceci dit, une fois admis que les ports Libyens ne font pas l'affaire, il me semble que pour des gens repêchés à une quinzaine de kilomètres des côtes Libyennes, les ports européens les plus proches sont à plusieurs centaines de kilomètres, autrement dit qu'il y a des ports Tunisiens, Égyptiens, Algériens nettement plus près de la zone de sauvetage que le port Italien le plus proche...ce serait plus conforme au droit maritime de les débarquer en ces lieux plutôt que de les acheminer en Italie, ou encore plus au Nord, enfin jdissa jdirien…


    Dr Jean-Marc Ferrarini

  • Un appel au risque

    Le 05 août 2018

    La systématisation de la recherche en mer par des associations n'est elle pas un appel au risque ?

    Dr Philippe Bergerault

  • Nous venons de passer un cap

    Le 05 août 2018

    Pourquoi aller chercher en pleine mer, à la limite des eaux territoriales, ces "jeunes" migrants en pleine forme, sans femme ni enfant (il y en a quand même quelques uns pour la photo), obsédés pour trouver une prise pour recharger leur i-phone à l'arrivée, alors qu'il serait plus facile et moins dangereux de les récupérer dans les ports de départ?
    Heureusement que les femmes, les vieillards et les enfants sont restés pour défendre leur pays.
    Nous venons de passer un cap si les ONG peuvent maintenant choisir entre un 4 ou un
    5 étoiles...

    Pour le 5 étoiles, qu'ils s'adressent à l' Arabie saoudite et ses 100 000 tentes climatisées qui pourraient accueillir 3 millions de réfugiés.
    "Réfugiés"qui pour leur majorité ne fuient pas un pays en guerre mais fuient l'Afrique du nord pour conquérir l'eldorado des allocations.
    A méditer...

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