Les Académies des sciences européennes dénoncent la nocivité de l’homéopathie

Halle (Allemagne), le mardi 3 octobre 2017 – Se basant sur des travaux de l’Académie royale suédoise des sciences ainsi que sur ceux d’un comité d’experts spécialement constitué,  l'EASAC* a livré un rapport au vitriol contre l’homéopathie. Cette synthèse semble également avoir l’assentiment de l’Académie des sciences de notre pays qui l’a publiée sur son site internet.

L’homéopathie est-elle au moins respectueuse du principe primun non nocere ?

Au-delà des conclusions habituelles qui pointent qu’il n’existe « aucune preuve, scientifiquement établie et reproductible, de l’efficacité des produits homéopathiques », l’EASAC dénonce le caractère nocif de l'homéopathie en ce qu’elle retarde « la consultation d’un médecin » ou dissuade « le patient de rechercher les soins médicaux appropriés (…) basés sur des preuves scientifiques ».

Pour ces sages, l’homéopathie a également le tort de fragiliser la confiance du public envers les "vraies" sciences.

L’homéopathie porterait aussi en germes des problèmes éthiques relatifs au consentement éclairé du patient « dans le cas où des praticiens prescrivent ou recommandent des produits qu'ils savent biologiquement inefficaces » mais aussi des problèmes de sécurité  en raison du manque de contrôle de la production.

Quelques recommandations…qui resteront lettre morte en France

Fort du constat que « chaque cas, pour lequel une efficacité clinique d’un produit homéopathique a été revendiquée, peut s'expliquer par l'effet placebo, une mauvaise conception de l'étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication »,  l’EASAC recommande aux Etats de prendre différentes mesures.

L’organisation appelle en premier lieu à ce que soit établi un cadre « réglementaire minimal et cohérent (…) pour que les affirmations d'innocuité, de sécurité et de qualité des produits homéopathiques soient, comme pour tous les médicaments, basées sur des preuves vérifiables et objectives, en accord avec les prétentions affirmées ».

Dans le même ordre d’idée, elle demande que  la composition des produits homéopathiques soit indiquée « de manière similaire à celle utilisée pour les autres produits de santé » et par conséquent « que l'étiquetage actuellement autorisé de manière exceptionnelle pour les produits homéopathiques soit remplacé par une description simple des ingrédients et de leurs quantités présentes dans la formulation ».

L’EASAC estime aussi nécessaire la fin des remboursements de ces produits dans toute l’Europe.

Des recommandations, que certains qualifieront de bon sens, qui resteront sans doute lettre morte dans notre pays où l’homéopathie demeure plébiscitée par la population.

 

* European Academies Science Advisory Council, composé des académies scientifiques nationales des États-membres de l'Union européenne, ainsi que la Norvège et la Suisse

Frédéric Haroche

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Vos réactions (20)

  • Donner la parole aux incompétents !

    Le 03 octobre 2017

    Pourquoi ne pas lancer un grand débat sur internet, plateaux télé, etc, avec de nombreux reportages de radio-trottoir dans lesquels de nombreux incompétents s'expriment doctement comme pour le Lévothyrox...

    Thierry Levesque

  • Les quarks existent

    Le 03 octobre 2017

    Et en France les homéopathes sont des médecins.

  • Homéopathie et efficacité

    Le 04 octobre 2017

    Il existe de études d'efficacité tout à fait défendables scientifiquement, en double aveugle, pour l'homéopathie. Mais quand on a un prix aussi bas, elles ne sont, il est vrai, pas aussi nombreuses que pour des médicaments allopathiques. Quant à l'effet placebo, il existe tout autant pour l'allopathie que l'homéopathie, alors restons cohérents.

    Quant au caractère dit nocif de l'homéopathie par prescription inappropriée, n'est ce pas plutôt le médecin qui serait fautif ? N'est ce pas lui le prescripteur ?

    Et le remboursement ? Un tube de granules (30 prises) coûte 2,26 € - 0,50€ forfaitaire x 0,65 = 1,14€ à la sécu. Ce n'est pas ça qui grève son déficit ! De plus une organisation européenne n'a pas à se mêler du remboursement d'une spécialité pharmaceutique de l'un de ses états membres. La gestion de son budget de santé ne regarde que ce dernier.

    La composition et le dosage sont correctement indiqués sur chaque unité de vente.
    Bien ciblée, bien prescrite, l'homéopathie est une alternative intéressante, efficace et sans effet secondaire pour toute une patientèle que nous ne pourrions traiter autrement.

    Séverine Dardel

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