Pour en savoir plus sur les nausées et vomissements gravidiques

Quelle proportion de grossesses s’accompagne de nausées et de vomissements gravidiques (NVG) ? Quelle est la prise en charge et quelle proportion nécessite une hospitalisation ?

Quelles sont les femmes les plus à risque de développer ces symptômes ?

Comment cette pathologie et sa prise en charge évoluent-elles au fil des années ? Cette étude anglaise apporte différents éléments de réponse.

Ce travail qui a été, mené à partir de recueil de données de soins primaires (auprès des médecins et des sages-femmes, etc.) et de soins secondaires (auprès des établissements hospitaliers), a permis d’évaluer cette pathologie à grande échelle.

Entre octobre 1998 et avril 2014, parmi plus de 400 000 grossesses, le diagnostic de NVG a été posé dans 9,1 % des cas. Dans 7 % des cas, une hospitalisation n’était pas nécessaire et un traitement médicamenteux a été prescrit une fois sur deux. Parmi les 2,1 % de femmes hospitalisées, deux-tiers l’ont été avant 20 SA et un tiers après ce terme.

Les femmes atteintes de NVG étaient proportionnellement plus jeunes (< 25 ans), plus souvent multipares et avaient des revenus plus bas. De plus, elles présentaient plus souvent des comorbidités telles un diabète préexistant, une HTA gravidique, une anémie, des troubles thyroïdiens, un asthme ou une hypercholestérolémie.

Les traitements antiémétiques utilisés en Angleterre diffèrent très sensiblement des médicaments auxquels les praticiens français ont recours. En effet, nos confrères prescrivent de la prochlorpérazine (Stemetil), qui, en France, est réservée à un usage hospitalier, de la prométhazine (Phénergan), et de la cyclizine (Marzine), psychotrope et stupéfiant dont la commercialisation a été interrompue chez nous en 1993… Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) conseille d’utiliser la doxylamine (Donormyl) hors AMM, ou le métoclopramide (Primpéran) et, en cas d’échec, l’ondansétron (Zophren) après 10 SA.

Il existerait au Royaume Uni une prise en charge médicamenteuse insuffisante des NVG due à une sous-estimation de l’impact de celles-ci sur la santé des femmes enceintes et de leurs enfants et aux réticences des professionnels de santé à la prescription d’antiémétiques (risque tératogène, effets néonataux des phénothiazines…). Cette étude montre néanmoins qu’il y a eu entre 1999 et 2013, une augmentation significative des diagnostics de NVG et des prescriptions d’antiémétiques, peut-être le signe d’un regain de confiance qui pourrait diminuer les hospitalisations.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Fiaschi L et coll.: Clinical management of nausea and vomiting in pregnancy and hyperemesis gravidarum across primary and secondary care: a population based study. BJOG 2019. International Journal of Obstetrics & Gynaecology. 2019 ; 126 (10): 1201-1211.

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Vos réactions (2)

  • Que choisir pour vomissements dans une sacristie ?

    Le 19 août 2019

    Je demande aux lecteurs du JIM quelle eut été leur attitude, en 1965, dans le cas suivant vécu avec succès, non sans une énorme hésitation.

    Il est Samedi, onze heures. Je suis remplaçant de chirurgie à l'hôpital d'Obernai, réalisant de nombreuses consultations matinales. Je suis tiré par ma chemise par la sage-femme, appelé, pour urgence gynécologique dans l'église d'Obernai, à cent mètres. J'y cours.

    Il s'agit de traiter, en urgence, dans la sacristie, une jeune femme victime d'incessants vomissements gravidiques survenus, pour la toute première fois, au moment de la cérémonie de son mariage, mais pas avant. Tous me l'affirment.

    Les deux familles, certaines des capacités des médecins à résoudre cette question ne veulent ni reporter, ni rompre la cérémonie. Ils attendent, dans la sacristie, le prêtre lui travaille dans le jardin du presbytère découragé de l'échec de ses bonnes paroles.

    Les familles me racontent ce qu'ils savent et leur confiance dans le médecin à réaliser ce qui est voulu par les deux mariés. Les nombreux invités des deux familles attendent dans l'église. C'est une foule.

    Dans laquelle plusieurs médecins ont, avant moi, offert leurs services et même leurs injections de Vogalène IV deux fois 10 mg sans aucun succès.

    Une étude anglaise aurait pu nous apporter des éléments de réponse : les antiémétiques utilisés sont la prochlorpérazine (Stemetil). Ce dernier, en France, est réservé aux nausées mais aussi à la schizophrénie, aux migraines. Non ! Ils utilisent également la prométhazine (Phénergan) bien connu comme antihistaminique. Non comme antiémétique. De la cyclizine (Marzine), un psychotrope dont la commercialisation a été interrompue (chez nous) en 1993 en raison de la présence addictive d'un stupéfiant.

    Les professionnels ont des réticences à la prescription d’antiémétiques (risque tératogène, effets néonataux des phénothiazines). On voit, par-là, que les médecins ne connaissent pas beaucoup de succès dans un pays comme dans l'autre.

    Il n'est pas question d'hospitaliser dans le service GYN-OBS où je suis interne en semaine à Strasbourg. Non que ce soit, en apparence au moins pour moi, la seule sortie raisonnable. Ce serait contraire aux vœux de tous, y compris surtout contraire à ceux de la fiancée. Non je ne vais pas hospitaliser.

    Je trouve cette attitude de la future mariée bizarre pour ce que je crois être, au premier abord, une grossesse non-désirée. J'obtiens la sortie de tous et l'évacuation de la sacristie au prix de tenir moi-même le seau de recueil des vomissements bilieux.

    Bon c'est le mariage d'une protestante à un catholique pour une grossesse certes inattendue mais non rejetée. Elle m'avoue enfin que le motif est que sa robe de mariée est trop ample. Les parents veulent cacher la grossesse. Pas elle ! Pas du tout ! Elle veut que tous sachent pourquoi elle se marie.

    Devinez la suite et surtout que devais-je faire ?

    Dr JD

  • Place de l'étiopathie

    Le 20 août 2019

    Echecs fréquents des médicaments classiques dont les potentiels effets secondaires m'effraient. Découverte, par le plus grand des hasards de l'étiopathie. Depuis 20 ans j'ai recours à cette approche,-sans rien y comprendre- à ma plus grande satisfaction et celle des patientes et un taux de succès de près de 80%.

    Dr Yves Rio

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