Trois consultations préventives… et une usine à gaz ?

Paris, le jeudi 26 janvier 2023 - Parmi les mesures de prévention prévues par le PLFSS pour 2023 se trouvent trois « Rendez-vous de prévention » à 20-25 ans, 40-45 ans et 60-65 ans. La Société française de santé publique (SFSP) vient de publier une note pour rappeler les principaux enjeux de ce projet et donner ses recommandations.

Non nocere

La SFSP rappelle tout d’abord que ces mesures ne peuvent être isolées : elles doivent faire partie intégrante de la politique de santé (via la Stratégie nationale de santé 2023-2028) ainsi que du parcours de prévention tout au long de la vie, qui commence aux « 1000 premiers jours », évoqués par Santé publique France.

Leur but n’est pas seulement l’absence de maladie mais aussi le bien-être mental et social, et les experts pointent le risque de sur-diagnostic et sur-traitement, pas forcément compensé par le bénéfice d’un dépistage efficient, surtout si le « rendez-vous » est fait par un professionnel de santé non aguerri ou peu étayé en matière préventive. De même et de façon contre-productive, les inégalités sociales de santé seraient aggravées par de simples « consultations préventives » : le dispositif doit aller chercher les plus éloignés de la prévention, à l’instar des Examens de santé organisés par l’Assurance maladie. La SFSP met en garde contre la culpabilisation et la stigmatisation et indique enfin que l’action serait incomplète sans la lutte contre les facteurs sociétaux de la santé.

Pas d’usine à gaz !

La SFSP fait ensuite ses recommandations. Inscrire ces nouveaux rendez-vous dans l’existant (interventions de prévention, d’éducation à la santé), viser à renforcer le pouvoir d’agir grâce à des outils probants et faciles (FALC*), ne pas négliger les approches collectives et personnalisées, organiser l'« aller vers » et le suivi (dans Mon espace santé ou vers d’autres professionnels), enfin s’adapter aux moyens humains (qui ne seraient pas forcément des médecins, mais des personnes connaissant la prévention ou l’éducation à la santé), aux ressources et organisations territoriales et bien entendu évaluer ce dispositif.

Bref : faire de ce projet une réalité efficace.

*FALC = facile à lire et à comprendre

Dr Blandine Esquerre

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Une mission pour les IPA

    Le 26 janvier 2023

    Ces consultations de prévention correspondent totalement aux missions des IPA.

    J-F Cauquil, IDE

  • Les usines à gaz au moins produisent du gaz consommable

    Le 27 janvier 2023

    On s’écoute beaucoup, on se paye de mots de concepts techno-écolos, on fait de l’aller vers au lieu de traiter jusqu'ici le tout venant, on ira tous au paradis des bobo au service d’un populo caricaturé plus que stigmatisé, bref pleins de bons sentiments au service d’un FALC qui se situe entre SOS bonheur et soleil vert.
    Lâchez-nous, trouvez des sous pour soigner ceux qui sont malades et cessez de les rendre malade de concepts qui n’appartiennent qu’à vous.
    Et si une fois pour voir on revenait à la logique du soin pour lâcher la prévention délirante inaccessible inopérante dont l’évaluation, si elle ne manque pas, reste désespérément négative et la fin du texte le dit par automatisme du je me regarde pédaler : il faudra évaluer mais les doux agneaux c’est tout vu d’avance.
    Au final tout le monde est mort et ce n’est pas la santé obligatoire et par avance en inventant les maladies qui fera que les gens se sentent mieux. Ce n’est pas en confondant dépistage et prévention sur le sacro saint et éculé principe de prendre le plus tôt pour soigner que le soin sera fait. Benchmarkez plutôt les endroits du monde où le sorcier lâche la grappe du gogo.
    Cerise sur ce gâteau plein de bons sentiment, le réalisme qui fera que cette ultra médicalisation ne sera même plus le fait de médecins ! Bravo médicalisez encore plus et sans médecin ! Et si on supprimait toutes ces sociétés qui se disent savantes ?

    Dr F Roche

Réagir à cet article