Un plaidoyer pour l’obligation vaccinale

Interview du Pr Alain Fischer, titulaire de la chaire de médecine expérimentale au Collège de France, membre de l’Académie des sciences, président de la concertation citoyenne sur la vaccination

A la tribune de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a tranché, onze vaccins seront rendus obligatoires pour les enfants de moins de deux ans en janvier 2018. Cette décision s’inspire directement des conclusions de la concertation citoyenne sur la vaccination qui s’était tenue l’an passé.

 

Pour mieux comprendre cette future législation, qui, pour certains, ne fera qu’augmenter une défiance grandissante, le JIM a interrogé celui qui avait présidé cette conférence, le Pr Alain Fischer.

 

Ce pionnier des thérapies géniques, membre des institutions les plus prestigieuses de l’université française a ainsi accepté de nous donner son éclairage sur l’élargissement de l’obligation vaccinale.

 

Il a aussi réagi aux accusations de conflits d’intérêts et au récent arrêt de la Cour de justice de l’Union Européenne, suivant en cela l’avis de la Cour de cassation qui a considéré « que les vaccins pourront être considérés comme responsables de maladies même en l’absence de preuves scientifiques claires ». Notre entretien a été aussi l’occasion pour lui de donner sa position vis-à-vis de l’immunisation anti-HPV et sur une éventuelle obligation vaccinale antigrippale pour les professionnels de santé. Il a enfin tracé les contours de ce qui devrait être, selon lui, un plan national pour redonner confiance à la population en la vaccination.

 

Frédéric Haroche

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Vos réactions (7)

  • Un bémol

    Le 07 juillet 2017

    Ayant été membre du comité des professionnels de santé, je confirme ce que le professeur Fisher a dit tout en y mettant un bémol.

    Effectivement le comité était favorable à une non obligation vaccinale comme c'est le cas dans de nombreux pays européens dont la couverture vaccinale est très bonne à l'inverse de la France. Mais cela en l'état est irresponsable en France aujourd'hui et il faudra 10 ans au moins pour éduquer une vraie culture vaccinale. Et en cela le comité a repris les propositions du jury .

    Le cas de la Grande-Bretagne est remarquable. La polémique autour du vaccin MMR ROR a entraîné une épidémie de rougeole outre-Manche avec des conséquences terribles morts, séquelles d'encéphalite. Lorsqu'il a été démontré que non seulement le vaccin n'entraînait pas de risque d'autisme et qu'en plus un journaliste anglais a réussi à prouver que les études qui avaient détecté cette allégation de lien ont été falsifiées pour des intérêts financiers, les britanniques ont recommencé à se faire vacciner et du même coup à diminuer les cas de rougeoles.
    À noter que les États Unis (obligation vaccinale au cas par cas) n'ont plus de rougeole et de rubéole ...CQFD

    Pour une non obligation vaccinale il faut instaurer une vraie culture vaccinale comme les pays nordiques savent très bien le faire. Pour cela il faut du temps et se donner les moyens d'enlever tout doute.
    Et c'est là que mon bémol intervient. En effet je n'ai vu aucune proposition concernant les vaccins sans aluminium ni aucune proposition incitant à financer la recherche indépendante sur les éventuels effets indésirables de certains adjuvants.

    Pourtant elles font bien parties des proposition des jurys et que n'a pas il me semble retenu le comité.
    Pourtant c'est sur ce point que le jury a été très divisé.

    Dr F.Langinier

  • Second bémol

    Le 09 juillet 2017

    Je suis entièrement d'accord avec F Langinier. Une politique vaccinale ne peut s'établir sans un controle de fabrication des industriels. Or, il ne faut pas se voiler les yeux, money is money, et les labos ne changeront pas d'adjuvant si on ne leur demande pas... avec insistance.

    Cela n'implique pas une mauvaise volonté des labos, mais simplement un partenariat avec les scientifiques peu actif. Mais comme le dit Pr Fischer, dès qu'on parle de faire se causer professionnels de la vaccination et labo, on se retrouve sous les lazzis des lobbys antivaccinaux qui crient au conflit d'interet. Ca devient insupportable, et ces accusations de complotisme mondial auraient bien besoin d'être jugées.

    D'aillleurs, au sens large, je trouve qu'on est pas assez sévère avec les lobbys antivaccinaux, qui devraient etre trainés devant les tribunaux à chaque fois qu'un enfant meure d'une complication infectieuse par faute de vaccin pour "diffusion de fausses information propres à entrainer dommage a autrui". De meme, toute accusation de conflit d'interet devrait faire l'objet de procédures pour "calomnie". Je suis persuadé que ça en refroidirait plus d'un d'etre face à leurs responsabilités. Après tout, quand une complication surgit à la suite d'un acte médical, on ne se prive pas d'incriminer devant les juges le responsable ? Un juste retour des choses est necessaire.

    Dr E Orvain

  • Pourquoi n'y a-t-il pas d'augmentation des SEP dans le monde entier ?

    Le 10 juillet 2017

    Il est inadmissible qu'en opposition à toutes les études qui ont prouvé le contraire, on ait conclu qu'un vaccin ait pu entraîner une SEP. La France a le devoir de faire appel de cette décision.

    Pourquoi n'y a-t-il pas d'augmentation des SEP dans le monde entier alors que des milliards de personnes ont été vaccinées contre l'hépatite B. Statistiques fausses peut-être diront les brillants détracteurs de vaccins subsidiés par un labo bien connu.

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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