Variole du singe : un premier cas de transmission de l’homme à l’animal

La transmission interhumaine du virus responsable de la variole du singe se fait classiquement par l’intermédiaire de contacts étroits avec les lésions, les fluides corporels et les gouttelettes respiratoires de personnes infectées.

L’épidémie actuelle, qui apparaît centrée sur les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, et qui se manifeste par des lésions anales et génitales, suggère aussi la possibilité d’une transmission sexuelle.

Cette hypothèse est encore en cours d’investigation. Et voici que le Lancet publie la correspondance d’une équipe française, qui pourrait semer le trouble. Il s’agit d’un cas de variole du singe survenant chez un chien, et possiblement acquise par transmission humaine.

Une histoire à 3

L’histoire commence par deux hommes vivant sous le même toit, ayant des relations sexuelles avec des hommes mais partenaires non exclusifs. Le premier, âgé de 44 ans est porteur du VIH, avec une charge virale indétectable sous antirétroviraux. Le second, âgé de 27 ans, est VIH négatif.

Ils consultent tous deux pour une ulcération anale, apparue 6 jours après des relations sexuelles avec d’autres partenaires. L’ulcération est suivie par l’apparition de lésions vésiculo-pustuleuses sur le visage, les oreilles et les jambes chez le premier patient, sur les jambes et le dos chez le second.

Tous deux ont présenté aussi une fatigue, des céphalées et de la fièvre 4 jours plus tard. Le Monkeypox virus sera détecté dans des prélèvements cutanés et de l’oropharynx du 1er patient, dans des prélèvements anaux et de l’oropharynx du second.

Mais voici que 12 jours plus tard, des lésions cutanéo-muqueuses apparaissent chez leur chien âgé de 4 ans, avec notamment des pustules au niveau de l’abdomen et une ulcération anale.

Les prélèvements permettent d’identifier un Monkeypox virus de la lignée B.1 du clade hMPXV-1, identique à celui qui a infecté plus de 1700 personnes en France. Le séquençage du virus montre une homologie de 100 % avec le virus retrouvé chez le premier patient. 

Les deux hommes disent avoir évité de mettre leur chien en contact avec d’autres animaux ou humains depuis l’apparition de leurs propres symptômes, (c’est-à-dire 13 jours avant l’apparition des lésions chez le chien). Ils signalent toutefois que leur chien dort avec eux.

Quelles conséquences à prévoir ?

Dans les pays endémiques, le virus n’a été retrouvé, jusqu’à présent, que chez des animaux sauvages. Toutefois, il a déjà été détecté chez des chiens de prairie aux Etats-Unis et chez des primates en captivité en Europe, après que ces animaux ont été en contact avec des animaux infectés importés.

L’infection d’animaux domestiques n’avait jamais été signalée jusqu’à présent.

Pour les auteurs, la chronologie des symptômes évoque ici une transmission homme-animal. La clinique et la présence du virus dans les lésions suggèrent, quant à elles, une réelle maladie animale, et non pas un simple portage.

La question se pose alors de la nécessité d’isoler les animaux des personnes infectées par le virus, ainsi que celle d’explorer l’éventualité d’une transmission secondaire de l’animal à l’homme.

Dr Roseline Péluchon

Références
Seang S, Burrel S, Todesco E, et al. Evidence of human-to-dog transmission of monkeypox virus
The Lancet – Publié en ligne le 10 août 2022- DOI: https://doi.org/10.1016/S0140-6736(22)01487-8

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Vos réactions (2)

  • Une ulcération anale

    Le 13 août 2022

    ...chez le chien ?

    Dr Pierre Rimbaud

  • Monkey Dog

    Le 16 août 2022

    Êtes-vous certain qu’il n’ont pas sodomisé le chien ?

    Dr Dominique Robine

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