Violences obstétricales : la parole est à la défense

Interview du Dr Amina Yamgnane, chef de la maternité de l'hôpital américain de Paris

Depuis le cœur de l’été, une nouvelle polémique visant les médecins, fustigeant la violence gynécologique et obstétricale, a fait florès.

Selon différents témoignages, ces spécialistes ne seraient pas respectueux du corps de la femme (épisiotomie injustifiée, révision utérine inutile…), ni de son consentement (césarienne trop fréquente, infantilisation).

Si des patientes ont pu être traumatisées par des soins gynécologiques et obstétricaux, les médecins ont eux aussi été meurtris par cette disputation, en particulier quand elle a été alimentée par un membre du gouvernement, Marlène Schiappa.

Cette tribune ministérielle aura donné un fort écho aux thèses de l’accusation. Pour rétablir une (certaine) équité, le JIM donne la parole à la défense.

Le docteur Amina Yamgnane, chef de la maternité de l’hôpital Américain de Paris, quitte ainsi la blouse blanche pour la robe de l’avocat et éclaire de sa pratique et de son franc-parler cette (autre) ténébreuse affaire…

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Vos réactions (6)

  • Il faut faire un choix

    Le 01 décembre 2017

    Bannir les épisiotomies comme chez une primipare d'un mètre cinquante ? Nous verrons alors réapparaître des déchirures du sphincter anal qui, pour bien guérir, nécessite un anus artificiel de 2 à 3 mois. Une épisiotomie entraîne souvent des douleurs pendant les rapports durant quelques mois.
    Alors, il faut faire un choix. A la femme de choisir après lui avoir expliqué les problèmes.

    Dr Guy Roche

  • Un peu de bon sens et de pondération dans cette vindicte

    Le 01 décembre 2017

    Il était temps de rétablir les réalités et de dénoncer l'instrumentalisation de minorités agissantes dont les intérêts sont non probants pour les femmes en général. Politique et idéologie ne font pas bon ménage avec le bien-être et la santé.

    Dr Isabelle Gautier

  • Les violences obstétricales bienveillantes

    Le 02 décembre 2017

    On aura tout lu, tout et tout entendu.
    Il faut un label maternité bienveillante pour encourager les soignants à plus de bienveillance à l'égard de leurs patientes...

    Les soignants, a fortiori les médecins, se doivent d'appliquer les recommandations des autorités de santé, adapter leur pratique aux dernières avancées scientifiques et se conformer à la législation en vigueur. Evidence based médecine pratiqué partout ailleurs hormis dans un petit village gaulois. 3 raisons pour les soignants de faire preuve de plus de rigueur scientifique, de discernement et d'empathie. Quand l'OMS préconise un taux d'épisiotomies max de 20-25%, le CNGOF fait cocorico avec un taux 2016 de 20%. Et on revient de loin : 55% en 1998, dont >70% lors d'un premier accouchement.

    Consentement et satisfaction des femmes n'est jamais requis.

    Et si les soignants demandaient aux femmes comment elles veulent accoucher ? Et si l'ego des soignants s'effaçait pour donner la place centrale aux femmes ?
    Ce que veulent les femmes ? Demandez leur ! Physiologie et sécurité sont possibles. Les femmes savent accoucher, c'est instinctif, elles n'ont pas besoin que les soignants le fasse à leur place, pour leur faire mal en plus.

    D

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