Trompe l'œil ?

La pandémie de Covid-19 frappe de façon inégale.

Les pays d'abord puisque certains états (comme la Belgique par exemple avec 852 morts par million d'habitants) ont été nettement plus touchés que d'autres alors que des pays pourtant géographiquement, économiquement et démographiquement très proches (comme l'Allemagne avec 108 morts par million d'habitants) ont semblé relativement épargnés. Et les raisons proposées pour expliquer ces disparités interétatiques sont loin d'être convaincantes (qualité de la préparation à une pandémie, fiabilité des données de mortalité, différences génétiques entre les populations, précocité du dépistage et de l'isolement des malades, possibilité de prise en charge en réanimation, date de l'apparition des premiers cas...).

La Covid-19, on le sait maintenant également, ne touche pas aussi gravement les individus en fonction de leur sexe, de leur âge et de leurs co-morbidité ce qui explique d'ailleurs pour partie certaines des différences de mortalité observées entre les pays (on comprend facilement que dans un pays comme la France où les plus de 80 ans sont plus de 4 millions, on déplore plus de morts de la Covid que dans un pays comme l'Algérie où il y a moins de 500 000 octogénaires).

Ces disparités entre les pays et les individus expliquent pour partie l'impression de patchwork ou de trompe l'œil qu'ont beaucoup de médecins lorsqu'ils prennent connaissance des informations sur la pandémie, parfois rassurantes lorsqu'elles proviennent de régions en phase précoce de déconfinement, souvent inquiétantes quand elles émanent d'états touchés plus récemment. Impression renforcée lorsque l'on se penche à la fois sur l'évolution du nombre de cas quotidiens (tributaire des capacités de dépistage par RT-PCR et donc le plus souvent en hausse) et sur celle du nombre journalier de morts imputables au virus.
Globalement si l'on se situe à l'échelle de la planète dans son ensemble, les données les plus fiables (nombre de décès) montrent un recul de la gravité de la pandémie avec par exemple 9 796 décès le 30 avril 2020 contre 4 193 le 1
er juillet.

Face à cette situation délicate à appréhender et à l'impossibilité où nous sommes de prévoir l'évolution de la pandémie dans les mois à venir, nous nous devons d'être modestes.

Le JIM, comme depuis le début de l'épidémie, tente, malgré les difficultés, de vous faire connaître en temps réel l'essentiel de ce qui se fait et s'écrit dans le monde sur cette pandémie. Et de vous aider à mieux connaître cette nouvelle maladie et à mieux la combattre collectivement comme individuellement. 

Vous pouvez suivre l'épidémie en temps réel sur le site de l'université John Hopkins de Baltimore

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