Confirmation de l’intérêt du dupilumab dans le traitement de la dermatite atopique

Parmi les nombreuses anomalies qui caractérisent la dermatite atopique, le déséquilibre de l’immunité adaptative en faveur de la voie TH2 joue un rôle prépondérant. Les interleukines IL-4 et IL-13 sont les principaux médiateurs de cette inflammation TH2. A l’heure des traitements dits Biologiques par anticorps monoclonaux, une inhibition ciblée de ces interleukines constitue une approche logique de la dermatite atopique et des autres maladies atopiques, asthme et rhino-conjonctivites. 

Des adultes avec une dermatite atopique rebelle aux traitements topiques

Le dupilumab est un anticorps monoclonal dirigé contre la chaîne alpha commune aux récepteurs de l’IL-4 et de l’IL-13, et les premiers essais cliniques ont montré qu’il est susceptible d’améliorer les formes graves de dermatite atopique. Cette efficacité est confirmée aujourd’hui par deux essais cliniques internationaux de phase 3, comparant deux schémas posologiques du dupilumab (300 mg par voie sous-cutanée toutes les semaines ou toutes les deux semaines) au placebo. Les patients sont 1 379 adultes souffrant d’une dermatite atopique modérée à sévère, résistant aux traitements topiques. En moyenne, la maladie durait depuis plus de 20 ans, et atteignait au moment de l’inclusion plus de la moitié de la surface corporelle. Les scores EASI (Eczema Area and Severity Index) étaient au départ de l’ordre de 30 et les SCORAD (Scoring atopic dermatitis) autour de 65. Environ un tiers des patients avaient reçu antérieurement des corticoïdes généraux et/ou des immunosuppresseurs.

Diminution de 90 % de l’index de sévérité pour un tiers des patients traités par dupilumab

Le traitement a duré 16 semaines et a été évalué sur de nombreux paramètres. Les deux principaux sont l’appréciation globale de l’investigateur (IGA) et le score EASI. Une diminution d’au moins deux points et une amélioration totale ou presque (IGA 0 ou 1) du score IGA ont été obtenues en 16 semaines par 36 % à 38 % des patients qui ont reçu du dupilumab (les deux posologies se sont révélées équivalentes), contre 10 % de ceux qui recevaient le placebo. Ce résultat correspond approximativement à une diminution de 90 % du score EASI, obtenue par 30 % à 36 % des patients. Le paramètre EASI 75, choisi comme second objectif principal de l’essai, est atteint par 44 % à 52 % des patients recevant le dupilumab, avec ici aussi une efficacité supérieure au placebo.

D’autres paramètres ont été mesurés, également très améliorés par le traitement : la surface atteinte, le prurit apprécié par le patient sur une échelle numérique, la qualité de vie, les symptômes globaux d’eczéma ressentis par les patients, les signes d’anxiété et de dépression.

La tolérance a été attentivement suivie. Les seuls effets secondaires marquants ont été des réactions aux points d’injection et une augmentation d’incidence des conjonctivites (4 à 5 % des patients traités). Il apparaît donc que le dupilumab améliore significativement tous les signes de la dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte. Les études se poursuivent pour évaluer ce traitement sur un plus long terme, et aussi pour connaître son efficacité et sa tolérance avant l’âge de 18 ans.     

Dr Daniel Wallach

Références
Simpson EL, Bieber T, Guttman-Yassky E et coll. SOLO 1 and SOLO 2 Investigators :
Two Phase 3 Trials of Dupilumab versus Placebo in Atopic Dermatitis.
N Engl J Med., 2016, publication avancée en ligne le 30 Septembre. DOI: 10.1056/NEJMoa1610020

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