JIM d'Or 2005

Comme chaque année depuis 1990, alors que Jim appartenait encore à la galaxie Gutenberg, nous avons sacrifié au rituel de la désignation des Jim d’Or (voir Jim d'Or 2001, 2002 , 2003 et 2004).
Pour ce faire rien de plus simple. Pour choisir dans chaque discipline, l’article semble le plus marquant ou le plus innovant, il suffit, après s’être muni d’un tube d’aspirine, de relire (en diagonale !), les quelques 3000 études analysées par le Jim au cours de l’année à partir d’une sélection de plusieurs dizaines de milliers de travaux publiés dans les grandes revues internationales ou de communications à des congrès que notre comité éditorial a lus ou a suivis pour vous lors des 12 derniers mois.

Si l’exercice a de quoi donner le vertige, il n’est pas sans intérêt. Ne serait-ce que parce que, dans certains cas, il permet, quelques mois après la mise en ligne enthousiaste de telle ou telle étude, de découvrir ses limites ou sa valeur toute relative. Il conduit aussi, grâce à une vision interdisciplinaire, inhabituelle aujourd’hui, à dégager les grandes tendances de la recherche clinique dans le monde.

Après une année 2004 marquée, on s’en souvient, par de nombreuses études négatives, 2005 semble avoir été une période faste pour la cancérologie.

C’est ainsi, que des travaux portant sur la prévention et la prise en charge des cancers ont été couronnés dans de nombreuses disciplines. En Hématologie et en Cancérologie bien sûr, avec un traitement high tech du myélome et la mise au point d’un vaccin anti-HPV efficace et bien toléré, mais également en Chirurgie avec la fin de l’amputation abdomino-périnéale pour les cancers du rectum, en Urologie avec la première démonstration indiscutable de l’intérêt en terme de survie de la prostatectomie radicale, en Gynécologie avec le couronnement de travaux français relativement rassurants sur les risques carcinologiques de certains THS et en Imagerie avec le triomphe de la Tomographie à Emission de Positron (TEP) dans le bilan des cancers.
Enfin le Jim d’Or des Jim d’Or a été décerné cette année à deux études sur le trastuzumab, un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le récepteur HER2, qui vont transformer la prise en charge d’un grand nombre de cancers du sein.

A côté de ces Jim d’Or oncologiques, qui transcrivent, enfin, en clinique, les efforts accomplis dans l’ombre par les centres de recherche depuis des décennies, deux types d’études très différentes ont été couronnées par des récompenses :

- La première catégorie, de loin la plus représentée dans notre sélection, fait appel à des progrès technologiques ou pharmacologiques majeurs comme les Jim d’Or d’Allergolologie sur le C1INH recombinant, de Biologie sur les haplogroupes de l’ADN mitochondrial, de Gastro-entérologie sur l’endoscopie par capsule, de Gériatrie sur la mise au point d’un vaccin contre le zona, d’Infectiologie pour les recherches sur le virus de la grippe espagnole, de Médecine interne sur le traitement de la néphropathie lupique, de Neurologie sur le traitement des hémorragies cérébrales par le facteur VII activé ou d’Ophtalmologie sur le traitement de la dégénérescence maculaire par le pegaptanib.

- La seconde catégorie de travaux célébrés par un Jim d’Or, devenue plus rare de nos jours, est directement applicable en pratique médicale quotidienne et ne doit rien à la technologie, mais tout à l’observation et à une analyse fine de données souvent disponibles de longue date. Citons pour ce type d’études les Jim d’Or d’Anesthésie-Réa sur l’antibiothérapie préopératoire en gériatrie, d’Endocrinologie sur la définition du diabète, d’Epidémiologie sur celle de l’obésité, de Médecine Générale sur le traitement des hypercholestérolémies et surtout de Pédiatrie sur un produit bon marché disponible sans ordonnance et qui diminue de 92 % le risque de mort subite du nourrisson : la tétine.