JIM d'Or 2006

Les Jim d’Or se suivent et ne se ressemblent pas (voir Jim d’Or 2001, 2002, 2003, 2004, 2005).

Certaines années notre rédaction distingue sans peine dans la littérature médicale des mois écoulés de nombreuses innovations thérapeutiques qui justifient à l’évidence un Jim d’Or, comme en 2001 par exemple. D’autres années, ce sont surtout des études négatives qui dominent notre palmarès (voir Jim d’Or 2004). Le cru 2006 est quant à lui globalement décevant.

Nous n’avons en effet retenu pour ce best of de l’année que peu de thérapeutiques réellement nouvelles (et efficaces !), si l’on excepte les Jim d’Or d’Hématologie, couronnant l’éculizumab, un anticorps monocolonal humanisé actif dans l’hémoglobinurie paroxystique nocturne, d’Ophtalmologie, célébrant les mérites d’un autre anticorps monoclonal, le ranibizumab dans la DMLA ou de Pharmacie, récompensant le tolvaptan, un antagoniste spécifique des récepteurs V2 de la vasopressine dans l’hyponatrémie.

Beaucoup de nos Jim d’Or sont décernés cette année pour la confirmation de l’intérêt de techniques ou de protocoles mis au point il y a quelques années (Jim d’Or d’Anatomopathologie, d’Anesthésie-Réanimation, de Biologie, de Dermatologie, de Gastro-entérologie, d’Imagerie, d’Infectiologie, de Médecine Interne, de Néphrologie, de Pédiatrie, de Rhumatologie, de Santé publique).

2006 a été également marqué par de nombreuses études négatives (pour ne pas dire inquiétantes) dont certaines ont retenu l’attention de notre jury : de l’alerte aux stents bio-actifs (Jim d’Or de Cardiologie), à une mise en garde sur l’utilisation des neuroleptiques atypiques dans l’Alzheimer (Jim d’Or de gériatrie), en passant par un travail alimentant la polémique sur l’intérêt du dépistage systématique du cancer du sein (Jim d’Or de Gynécologie). Beaucoup d’autres travaux négatifs ont échappé de peu à cette distinction, tout particulièrement en Cardiologie, en Endocrinologie et en Cancérologie. 

Pour ne pas sombrer dans le pessimisme, il nous faut également saluer quelques Jim d’Or directement applicables en pratique (Chirurgie, Endocrinologie, Médecine Générale, Neurologie, ORL, Pneumologie, Soins infirmiers…) et surtout deux études qui témoignent heureusement de l’importance de l’équation personnelle, même dans la médecine de très haut niveau :
- notre Jim d’Or de cancérologie qui loin de saluer une étude randomisée multicentrique internationale en double aveugle célèbre un travail ouvert sur quelques malades atteints de mélanome malin métastasé ;

- et notre Jim d’Or des Jim d’Or qui couronne l’exploit chirurgical et humain accompli par Bernard Devauchelle et Alain Dubernard pour une patiente unique : Tout ce que vous avez voulu savoir sur la greffe de visage et que Paris Match et TF1 vous ont tu.