JIM d'Or 2007

Les Jim d’or sont devenu un rite pour notre rédaction depuis 1990 (voir Jim d’Or 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006). Il s’agit, entre deux réveillons, de distinguer parmi plus de 2000 études analysées par notre site au cours de l’année (elles mêmes sélectionnées sur des dizaines de milliers d’articles publiés dans des centaines de revues médicales prestigieuses), celles qui, dans chaque discipline, marqueront un progrès décisif. 

Dans l’idéal, pour être conforme à l’Evidence Based Medecine, notre choix se devrait de n’être soumis qu’à des critères objectifs et scientifiques. Mais, en nous penchant sur nos sélections passées, force est de constater que, dans les faits, malgré tous nos efforts, notre palmarès annuel est un peu influencé par l’humeur du moment. Les années où un vent d’optimisme souffle sur la rédaction ce sont des essais positifs que nous retenons essentiellement et les Jim d’Or deviennent un hymne à la gloire de la technologie, couronnant ici un nouvel anticorps monoclonal, là le triomphe de la caméra à positron. Si, au contraire, l’humeur est à la morosité, on constate que ce sont des publications négatives qui sont saluées par des Jim d’Or, et notre distribution des prix prend des allures de jugement reléguant des explorations pourtant routinières au magasin des accessoires ou condamnant pour inefficacité des traitement prescrits depuis des décennies.   

Le cru 2007, sans être euphorique, traduit sans doute un retour à l’euthymie.

On n’y relèvera en effet que 4 Jim d’Or négatifs, en Cardiologie (COURAGE, fuyons l’angioplastie), en ORL (La fin de l’ère du yoyo ?), en Pharmacie (Faut-il avoir peur des anti-oxydants ?) et en Soins infirmiers (La fin du bouche à bouche ?). Mais l’on remarquera que la plupart de ces « condamnations » sont nuancés par un point d’interrogation.

Comme les années fastes des innovations thérapeutiques directement issues du génie génétique sont à l’honneur (trastusumab pour le Jim d’Or de Cancérologie, rituximab pour celui de Dermatologie, eltrombopag en Hématologie, interféron en Neurologie).

Les progrès technologiques ne sont pas en reste : Jim d’Or de Gastro-entérologie pour la coloscopie virtuelle, d’Infectiologie sur le diagnostic moléculaire de la tuberculose, de Pneumologie pour des dispositifs anti-reflux dans l’emphysème

Et comme lors des livraisons précédentes, de nombreuses études n’impliquant aucune prouesse technique mais qui mettent en valeur la curiosité intellectuelle, l’intuition ou le sens clinique de leurs auteurs ont été couronnées (Anesthésie-réanimation, Cas clinique, Endocrinologie, Epidémiologie, Gynécologie, Gériatrie, Ophtalmologie, Rhumatologie, Santé publique…).

Sans oublier le Jim d’Or des Jim d’Or. Résultat d’un long cheminement depuis J Cohnheim en 1877 décrivant le premier cas d’embolie paradoxale jusqu’à M Handke en 2007 réalisant des échocardiographies transoesophagiennes avec injection d’agent de contraste échographique chez 503 patients de plus de 65 ans victimes d’un accident vasculaire cérébral, cette étude devrait avoir des conséquences immédiates dans l’exploration et la prise en charge des AVC (Près d’un AVC sur 5 chez le sujet âgé serait lié à un patent foramen ovale).