Jim d’Or 2009

Qui pourrait s’étonner que la grippe A (H1N1), vedette  aussi inattendue qu’indiscutable de l’année 2009, ait attiré les Jim d’Or ? La rédaction lui a consacré cette année pas moins de 3 Jim d’Or avec celui d’Infectiologie (Vous êtes nés avant 1957 : la grippe A (H1N1) ne passera (peut-être) pas par vous ! ), de Médecine générale (Vaccins grippaux A (H1N1) : une pharmacovigilance globalement rassurante) et tout naturellement le Jim d’Or des Jim d’Or, décerné à la publication princeps de M Ginsberg et coll. sur les deux premiers cas identifiés de cette nouvelle grippe observés  en Californie les 28 et 30 mars (Grippe à H1N1 mexicain : première publication scientifique). Et, si nous n’avions pas craint de lasser nos lecteurs, nous aurions pu également couronner d’autres publications majeures sur la pandémie actuelle en pneumologie, en réanimation, en pédiatrie, en gynécologie ou en biologie [vous pouvez toutes les retrouver sur notre espace grippe A (H1/N1)].

Omniprésente, la pandémie n’a pas pour autant éclipsé toutes les informations médicales d’une année particulièrement riche en innovations. La génétique est l’autre grande star de ce palmarès avec pour la première fois 4 Jim d’Or attribués à des essais cliniques de thérapie génique, en Génétique (Adrénoleucodystrophie : le rêve de Lorenzo exaucé), Maladies rares (La thérapie génique tient (enfin) ses promesses), Ophtalmologie (« Alors, les yeux des aveugles verront… ») et Pédiatrie (Premiers pas dans la thérapie génique de la myopathie de Duchenne). D’autres promesses de progrès thérapeutiques qui doivent beaucoup aux avancées de la biologie ont également été saluées par des Jim d’Or en Cancérologie (Inhibiteurs de la voie de signalisation hedgehog : une solution élégante contre certains cancers ?) et en Dermatologie (Cellules souches embryonnaires, un espoir pour les grands brûlés).

A côté de ces premières concrétisations de très longues années de recherches en biologie, des progrès technologiques d’application plus immédiate ont aussi, comme les années précédentes, attiré l’attention de notre jury, qu’il s’agisse des Jim d’Or de Réanimation (CESAR : ceux qui vont (peut-être) mourir, te saluent ! ), de Cardiologie (FAME bouleverse la cardiologie interventionnelle), de Chirurgie (Cancers du poumon non à petites cellules de stade précoce : chirurgie ouverte ou vidéo-chirurgie ?), de Médecine interne (Sclérodermie systémique : coup de cœur pour l’IRM), de Neurologie (Une nouvelle étape dans la fibrinolyse des accidents vasculaires cérébraux ?) ou de Rhumatologie (La vertébroplastie percutanée soulage durablement la douleur liée aux tassements vertébraux ostéoporotiques).

Signe d’optimisme de notre rédaction (ou de succès pour la médecine internationale), contrairement aux années précédentes (voir Jim d’Or 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008) en 2009, seule une publication négative a été saluée par un Jim d’Or (Néphrologie, ASTRAL marquera le recul des indications de l’angioplastie rénale).   

Une mention spéciale du jury pour finir pour le Cas clinique de l’année (« Guéri » par sa leucémie ?) qui récompense l’audace, le talent et l’opiniâtreté d’une équipe berlinoise qui est parvenue à « guérir » un patient du sida et d’une leucémie aiguë myéloblastique en lui greffant des cellules souches hématopoïétiques provenant d’un donneur résistant naturellement au VIH car homozygote pour une délétion delta32 sur le gène CCR5 !