Le tocilizumab à l’essai dans l’artérite à cellules géantes

L’artérite à cellules géantes (ou maladie de Horton) est souvent limitée aux artères temporales et crâniennes. L’atteinte des gros vaisseaux dont l’aorte, n’est toutefois pas exceptionnelle, et représente une cause significative de morbidité et de mortalité. La corticothérapie constitue l’essentiel du traitement, mais ses effets indésirables sont fréquents (86 % à 10 ans) et dans la moitié des cas l’on assiste à un échappement thérapeutique conduisant à une augmentation considérable des doses de corticoïdes. Le méthotrexate quant à lui n’a qu’une efficacité modeste, et les biothérapies comme l’infliximab et l’étanercept semblent inefficaces. La nécessité d’une autre option thérapeutique ne fait donc pas de doute.

La solution pourrait venir du tocilizumab. Il s’agit d’un anticorps monoclonal anti-récepteur de l'interleukine-6 (IL-6) utilisé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Des taux élevés d’IL-6 ont été décrits dès 1990 dans l’artérite à cellules géantes et les travaux ont montré que ces taux sont corrélés à l’activité de la maladie. Le tocilizumab a donc été testé dans plusieurs essais, avec des réponses cliniques et biochimiques intéressantes. Deux de ces essais rapportent toutefois des effets indésirables importants, notamment des neutropénies, une infection à cytomégalovirus ou encore des perturbations du bilan hépatique. 

Des résultats favorables sur 8 patients « réfractaires » à la corticothérapie

Une équipe du Royaume-Uni rapporte 8 nouveaux cas cliniques de patients en échec de traitement par les glucocorticoïdes. Le traitement par tocilizumab a permis d’obtenir une nette amélioration clinique et biochimique dans tous les cas, avec notamment une réduction de la CRP, passant en moyenne de 70,3 à 2,5. Il a été possible de réduire les doses moyennes de corticoïdes, de 24,6 mg de prednisone avant traitement à 4,7 mg. Il apparaît toutefois que, pour éviter les rechutes, le traitement ne doit pas être interrompu.

Concernant les effets secondaires, un des patients a présenté trois épisodes de neutropénie transitoire et un autre un empyème qui a nécessité l’arrêt du traitement. Une stricte surveillance des sujets traités paraît essentielle.
Précisons que les 8 malades inclus avaient une vascularite des gros vaisseaux, maintenant considérée comme un sous-groupe des artérites à cellules géantes, réfractaires à la corticothérapie « traditionnelle ». Il s’agissait aussi de patients victimes d’effets secondaires importants de la corticothérapie au long cours, notamment de complications cardiovasculaires.

Les auteurs estiment que ces résultats justifient la tenue d’essais à plus grande échelle.

Dr Roseline Péluchon

Références
Evans J. et coll. : Long-term efficacy and safety of tocilizumab in giant cell arteritis and large vessel vasculitis. RMD Open 2016; 2: e000137.

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