LEADER marque un progrès dans le traitement du diabète de type 2

Les effets bénéfiques des traitements anti-diabétiques sont bien connus en ce qui concerne le risque de complications microvasculaires. L’impact des hypoglycémiants sur les complications macrovasculaires est toutefois moins évident, d’autant que certains travaux ont attiré l’attention sur la majoration du risque cardio-vasculaire associée à certains de ces traitements.

Les résultats encourageants concernant un hypoglycémiant agoniste GLP-1, le liraglutide, ont été l'un des événements phares du récent congrès de l’ADA (American Diabetes Association). Ils ont été publiés simultanément en ligne par le New England Journal of Medicine.

Il s’agit de l’étude LEADER, un essai randomisé en double-aveugle dont l’objectif était d‘évaluer une éventuelle diminution du risque cardio-vasculaire associée à cette molécule chez 9340 patients diabétiques de type 2, à haut risque cardio-vasculaire. Les patients recevaient le liraglutide (n=4668) par voie sous cutanée à la dose de 1,8 mg par jour ou un placebo (n=4672), en plus de leur traitement habituel. Le suivi médian était de 3,8 ans.

Une diminution relative de 13 % des événements cardiovasculaires graves  

Les résultats sont assez convaincants, puisque la survenue de l’ensemble des évènements inclus dans le critère composite (décès de cause cardio-vasculaire, infarctus du myocarde non fatal et accident vasculaire cérébral non fatal), est significativement moins fréquente dans le groupe de patients sous liraglutide que dans le groupe placebo (13 % vs 14,9 % ; HR 0,87 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] :0,78 à 0,97). En d'autres termes, il est nécessaire de traiter 66 patients pour éviter l’un ou l’autre de ces événements défavorables pendant 3 ans.
Si l’on considère seulement les décès de cause cardio-vasculaire, ils sont aussi moins fréquents (4,7 % vs 6,0 % ; HR 0,78 ; IC:  0,66 à 0,93), comme le sont d’ailleurs les décès toutes causes (8,2 % vs 9,6 % ; HR 0,85 ; IC: 0,74 à 0,97). En ce qui concerne les taux d’infarctus non fatals, d’AVC non fatals et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, ils sont eux aussi inférieurs dans le groupe liraglutide, mais la différence n’atteint pas le seuil de significativité statistique.

Quant aux effets indésirables, il n’apparaît pas de différence significative entre les deux groupes ni sur leur nombre total, ni sur le nombre d’effets indésirables graves. Notons toutefois un nombre supérieur d’abandons de traitement sous liraglutide, le plus souvent motivés par des effets indésirables d’ordre digestif. Enfin, le nombre des carcinomes pancréatiques est supérieur dans le groupe liraglutide (13 contre 5), mais la différence n’est pas statistiquement significative.
Notons toutefois que la durée de l’étude est un peu courte pour que l’on puisse conclure définitivement sur les effets secondaires. Les patients ont en effet été suivis au maximum pendant 5 ans.

Rappelons enfin que les malades inclus étaient des diabétiques à haut risque cardio-vasculaire et signalons que leur taux d'hémoglobine glyquée était plus élevé que dans la majorité des autres études de ce type (en moyenne 8,7 %). Rien n’indique formellement que ces conclusions puissent être étendues aux patients à faible risque cardio-vasculaire.

Dr Roseline Péluchon

Références
Marso S.P. et coll. : Liraglutide and Cardiovascular Outcomes in Type 2 Diabetes
N Engl J Med 2016 – Publication avancée en ligne le 13 Juin 2016 (DOI: 10.1056/NEJMoa1603827)

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