L’étéplirsen, un espoir dans la myopathie de Duchenne ?

Duchenne de Boulogne

Le traitement de la myopathie de Duchenne est jusqu’à présent purement symptomatique, associant une prise en charge orthopédique, respiratoire et cardiaque. La corticothérapie est efficace pour obtenir une stabilisation de la motricité, mais au prix d’effets secondaires importants. Le pronostic est de toute façon très sévère, et, si la maladie est diagnostiquée en moyenne vers 5 ans, dès l’âge de 12 à 15 ans, les enfants ne peuvent plus se déplacer qu’en fauteuil roulant. La dystrophie musculaire de Duchenne est due à une anomalie génétique empêchant la synthèse de la dystrophine, protéine musculaire dont la fonction est d’amortir les chocs provoqués par les contractions musculaires. Privés de dystrophine, les muscles dégénèrent peu à peu. Il s’agit de l’une des maladies souvent citées dans le cadre de la thérapie génique.

Une information récente devrait raviver l’espoir dans ce domaine. Une équipe vient en effet de rendre publics les résultats d’une étude menée sur 12 garçons, âgés de 7 à 13 ans,  atteints d’une myopathie de Duchenne. Les enfants étaient capables de marcher 200 à 400 mètres au test de marche de 6 minutes. Ils devaient être porteurs d’une mutation du gène de la dystrophine, susceptible d’être corrigée par le saut d’exon 51.

Les enfants ont été randomisés en 3 groupes de 4. Les uns recevaient chaque semaine 30 mg/kg d’étéplirsen, les autres 50 mg/kg, un troisième groupe enfin recevait un placebo. Vingt-quatre semaines après le début de l’étude, une biopsie musculaire a été réalisée les jeunes patients ayant reçu 30 mg/kg d’étéplirsen par semaine. Elle montrait une augmentation de 23 % des fibres contenant de la dystrophine alors qu’aucune augmentation n’était constatée chez les enfants sous placebo. Ces bons résultats ont conduit les chercheurs à intégrer à la 25ème semaines les enfants sous placebo dans les groupes de traitement, 2 dans le groupe recevant 30mg/kg et 2 dans le groupe de 50 mg/kg.
A 48 semaines l’augmentation des fibres contenant de la dystrophine est de 52 % chez les enfants ayant reçu une dose de 30 mg/kg et de 43 % chez les enfants ayant reçu 50 mg/kg, suggérant que l’efficacité de la molécule se poursuit au long cours.

Cette amélioration constatée au niveau des fibres musculaires a une traduction clinique : chez les enfants traités, il est noté une amélioration de la distance de marche de 67,3 mètres, au test de marche des 6 minutes, par rapport aux enfants sous placebo. Les auteurs ne signalent aucun effet secondaire notable.
L’étéplirsen utilise une technique de chirurgie du gène, le « saut d’exon », permettant, au cours de l’épissage, de « sauter » l’exon défectueux, pour permettre à la cellule de synthétiser une protéine, certes plus courte mais néanmoins fonctionnelle.

Dr Roseline Péluchon

Références
Mendell J et coll : Eteplirsen for the treatment of duchenne muscular dystrophy. Ann Nuerol., 2013; publication avancée en ligne le 1er août.
DOI: 10.1002/ana.23982

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