Moins d’asthmes aux urgences avec les lois anti-tabac !

L’exposition, même  passive, à la fumée de tabac aggrave l’asthme. Depuis l’application des législations anti-tabac dans les lieux publics, les preuves d’un effet positif sur la santé respiratoire de la population générale s’accumulent. Toutefois, assez peu d’études bien construites ont examiné les effets de ces mesures sur les consultations en urgence pour asthme. Un travail, d’origine anglaise, a cherché à déterminer si l’introduction de la loi anti-tabac le 1er Juillet 2007 a été associée à une réduction des cas d'hospitalisation en urgence pour asthme dans la population adulte.

Chaque mois, d’avril 1997 à décembre 2010, le nombre d'admissions en urgence pour asthme de patients  âgés de plus de 16 ans a été relevé, grâce au codage du diagnostic principal, effectué en routine.  Neuf régions ont ainsi été observées sur 165 mois. Normalement, le statut tabagique ou non du patient peut être connu grâce au codage, mais comme il n’a pas été renseigné systématiquement, cette donnée n’a pas été intégrée dans l’analyse.

Durant l’étude, il y a eu  502 000 admissions en urgence pour asthme. Les variations saisonnières se reproduisent d’une région à une autre avec un taux de venues plus important en hiver.
La législation sur le tabac a été associée à une réduction immédiate de 4,9 % (intervalle de confiance à 95 %, de 0,6 % à 9,0 %)des admissions aux urgences pour une crise d’asthme chez l'adulte. Cela correspond, au niveau de l’Angleterre dans son ensemble, à une diminution immédiate de 1 900 consultations en urgence la première année suivant l’adoption des lois anti-tabac dans les lieux publics. Une baisse similaire des arrivées aux urgences pour asthme est observée les 2 années suivantes. La réduction du nombre d'admissions est comparable quelle que soit la région.
Cette réduction apparaît moindre que celle rapportée par des travaux antérieurs sur ce sujet. Elle est également plus faible que la diminution observée des crises d’asthme chez l’enfant de moins de 15 ans (-9 %). Enfin, le lien de causalité entre la mise en œuvre de la loi et la fréquence de l’asthme peut toujours être discuté . . .

Il n’en reste pas moins que ces résultats s'ajoutent au nombre croissant de preuves sur les bénéfices sanitaires des politiques sans fumée.

Dr Béatrice Jourdain

Référence
Sims M. et coll. : Short-term impact of the smoke free legislation in England on emergency hospital admissions for asthma among adults: a population-based study. Thorax 2013; 68: 619–624.

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