Une efficacité remarquable pour l’ixekizumab dans le traitement du psoriasis

Parmi les nombreuses cytokines impliquées dans l’inflammation psoriasique, l’IL-17 semble jouer un rôle particulièrement important et plusieurs biothérapies (Biologiques) ciblant l’activation de cette cytokine sont actuellement en développement.

L’ixekizumab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’IL-17 A, isoforme la plus puissante de l’IL-17. Plusieurs essais cliniques ont été menés avec l’ixekizumab et le but de cet article est de présenter une synthèse des trois essais de phase III appelés UNCOVER-1, UNCOVER-2 et UNCOVER-3.

Cent centres situés dans 21 pays ont recruté plus de 3 700 patients, en majorité des hommes, d’âge moyen 46 ans, de poids moyen 92 kg, présentant un psoriasis ancien, stable, avec un score PASI (Psoriasis Area Severity Index) moyen de l’ordre de 20. Presque tous avaient antérieurement reçu des traitements systémiques, traditionnels et Biologiques. Les premiers essais ont duré douze semaines, selon le schéma commun à tous les essais cliniques de Biologiques anti-psoriasis. Ils ont montré qu’aux doses utilisées (80 mg par voie sous-cutanée toutes les 2 ou 4 semaines après une dose initiale de 160 mg), l’efficacité est remarquable : à douze semaines, 81 à 89 % des patients atteignent PASI 75, et environ 35 % atteignent PASI 100, c’est-à-dire une rémission complète. Dans ces essais comparatifs en aveugle, l’étanercept était franchement moins efficace, et le placebo, comme on sait, quasiment inefficace.

Les essais ont été prolongés à 60 semaines. Si le traitement par ixekizumab est poursuivi, le bon résultat se maintient le plus souvent, et environ 80 % des patients sont toujours PASI 75 à 60 semaines. Par contre, si l’ixekizumab est interrompu, le psoriasis retrouve ses scores antérieurs, sans rebond cependant.

Un bénéfice à mettre en balance avec le risque d’effets secondaires

Cette synthèse portant sur 3 736 patients ayant reçu de l’ixekizumab permet une évaluation précise de son profil de sécurité. Trois types d’effets secondaires sont particulièrement suivis : (1) les candidoses, attendues dans la mesure où l’IL-17 est importante dans la défense anti-Candida. Plusieurs cas ont été observés, dont trois ont été considérés comme sévères ; (2) des accidents cardiaques et vasculaires cérébraux ont entraîné deux décès ; (3) enfin plusieurs cas de colite ulcéreuse et de maladie de Crohn ont été rapportés. Par ailleurs, on a noté trois cas de cellulite infectieuse et des cas de neutropénies.

Les auteurs concluent donc que la remarquable efficacité de l’ixekizumab doit être mise en balance avec le risque d’effets secondaires, et précisent que le profil de tolérance de l’ixekizumab au-delà de 60 semaines de traitement n’est pas connu. 

Dr Daniel Wallach

Références
Gordon KB et coll. UNCOVER-1, UNCOVER-2, and UNCOVER-3 Study Groups. : Phase 3 Trials of Ixekizumab in Moderate-to-Severe Plaque Psoriasis.
N Engl J Med., 2016; publication avancée en ligne le 8 juin. DOI: 10.1056/NEJMoa1512711

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