Une manœuvre simple (et gonflée) pour diminuer la douleur après cœlioscopie

Les douleurs scapulaires et abdominales sont banales après cœlioscopie, de même que les nausées ou vomissements. On dispose de plusieurs méthodes pour tenter de les prévenir (évacuation le plus complète possible du pneumopéritoine-PNP-, instillation d’anesthésiques dans le péritoine, anti-inflammatoires non stéroïdiens, etc.). Des manœuvres peropératoires simples peuvent aussi y contribuer, ce que les auteurs britanniques ont démontré par un essai randomisé en double aveugle.

Ils ont inclus dans leur étude tous les adultes opérés par voie coelioscopique entre 2010 et 2012 de cholécystectomie ou de hernie inguinale par abord transpéritonéal, à froid.) sauf  les femmes enceintes et les conversions en voie ouverte. Tous les sujets étaient en bonne santé (grades ASA I et II de l’American Society of Anaesthesiologists pour 93 % d’entre eux).

Le CO2 du pneumopéritoine a été insufflé à 1 l/mn jusqu’à atteindre 14 l, et ensuite maintenu à une pression de 12 l.
C’est alors qu’entre en jeu la randomisation ; dans le groupe contrôle (GC), on s’est contenté d’évacuer passivement le PNP par les trocarts en fin d’intervention. Dans le groupe traité (GT), en revanche, on a en outre mis l’opéré en position de Trendelenburg (inclinaison de la table de 30 °) et, les orifices des trocarts restant ouverts, l’anesthésiste a réalisé deux manœuvres d’hyperpression pulmonaire de 5 secondes chacune, au ballon, jusqu’à une pression de 60 cm d’eau pour déplisser les alvéoles.  Les chirurgiens ont quitté la salle à ce stade de l’intervention, afin de ne pas savoir dans quel groupe le malade était inclus.

Tous les patients ont reçu les mêmes antalgiques postopératoires et, avant leur sortie (à J1), ont décrit l’intensité de leur douleur sur une échelle visuelle analogique (EVA)
L’étude a porté sur 76 opérés (39 GC et 37 GT), les 2 groupes étant comparables en termes d’âge, sexe, indice de masse corporelle et types d’intervention.
Le score de la douleur sur EVA a été significativement abaissé dans le GT par rapport  au GC, tant à 12 heures (3 vs 5) qu’à 24 h (3 vs 4.5).

Après évacuation du pneumopéritoine, une manœuvre simple, en position de Trendelenburg, consistant à gonfler les poumons à deux reprises, est donc très active sur l’intensité de la douleur postopératoire.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Khanna A et coll. : Randomized clinical trial of a simple pulmonary recruitment manoeuvre to reduce pain after laparoscopy. Brit J Surg., 2013; 100: 1290-1294.

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