Traitement chirurgical des douleurs scrotales accompagnant des lésions intrascrotales avérées

La prise en charge des douleurs scrotales chroniques (DSC) est difficile ; le traitement médical (anti-inflammatoires non stéroïdiens) et hygiénique (planchette scrotale, repos sexuel) est souvent inefficace, de même que l'épididymectomie, voire la castration, recours de désespoir. En revanche, la cure de lésions identifiées, telles que varicocèle, hydrocèle, spermatocèle ou subtorsion intermittente (SI), habituellement traitées avec un autre objectif que la sédation de la douleur, a été peu étudiée dans cette indication.
Dans une étude, rétrospective, CL Gray et coll. ont repris les dossiers de malades opérés de ces quatre affections exclusivement pour DSC (excluant par exemple les varicocèles traitées pour infertilité) ; tous, sauf les porteurs de subtorsion intermittente, n'ont été opérés qu'après échec d'un traitement hygiénomédical d'au moins un mois. En raison de l'effet placebo, on a considéré que la chirurgie n'était efficace que si elle faisait mieux que le traitement conservateur, crédité de 50 % de succès.
Les 151 interventions se répartissaient en 4 groupes : 65 ligatures de veine spermatique (LVS) par voie inguinale pour varicocèle, 41 cures d'hydrocèle, 31 cures de spermatocèle respectant l'épididyme, et 14 orchidopexies pour SI. L'âge moyen des porteurs de varicocèle ou de SI était de 25 ans, de 40 ans pour les deux autres groupes. Le délai entre l'apparition de la douleur scrotale chronique et la chirurgie dépassait 6 mois sauf pour les subtosions intermittentes où le risque potentiel de torsion a fait opérer plus tôt (environ 3 mois).
Un suivi correct n'a pu être obtenu que chez 85 malades (56 %) et il a duré de 1 à 58 mois avec une moyenne de 19 mois. En dehors d'une récidive de varicocèle, il n'y a eu aucune complication ; après LVS et orchidopexie, la reprise d'une activité physique intense (l'étude a été réalisée chez des militaires) a été de 30 jours et de 14 jours après cure d'hydrocèle ou de spermatocèle. Sur les 85 malades revus, 73 (86 %) se sont dits soulagés et ce taux a même atteint 100 % après cure d'hydrocèle, 94 % après spermatocèle et 89 % après fixation testiculaire, soit significativement mieux que le taux de 50 % attendu après traitement conservateur. Après LVS, 75 % des douleurs avaient disparu.
Ces résultats sont difficiles à comparer à ceux de la littérature, tant sont rares les études centrées sur les douleurs scrotales chroniques, mais le taux de succès de 96 % dans trois des quatre types de pathologie est très encourageant et même les 75 % de succès de la ligature veineuse sont supérieurs à ceux publiés (Biggers, 48 %), ceci étant peut-être lié au siège inguinal et non pas rétropéritonéal de la LVS.

Dr Jean-Fred Warlin


Gray CL et coll. : "Outcomes for surgical management of orchalgia in patients with identifiable intrascrotal lesions". Eur Urol 2001;39:455-459. Copyright Sanofi-Synthelabo France 2002.

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