Le ranibizumab, un autre anti-VEGF pour traiter la rétinopathie du prématuré

La rétinopathie du prématuré (ROP) est liée à une immaturité vasculaire rétinienne et aux variations de pression en oxygène pendant la réanimation néonatale. Elle est responsable de 6 % à 20 % des cas de malvoyance chez l'enfant. La ROP est caractérisée par la localisation antéropostérieure de l'atteinte rétinienne (du centre vers la périphérie : zones 1, 2 et 3), son étendue en quadrants horaires et son stade (stades I à V). Souvent, elle régresse spontanément mais les cas sévères nécessitent un traitement. Le traitement de référence actuel est la photocoagulation transpupillaire au laser des zones ischémiques rétiniennes. Le traitement par anti-VEGF (facteur de croissance endothélial vasculaire) est une avancée récente avec des injections intravitréennes de bévacizumab, plus efficaces que la thérapie au laser classique mais avec une réduction des taux circulants de VEGF qui posent des questions sur l'innocuité de cette approche chez des nouveau-nés.

Un nouvel anti-VEGF

Dans l'étude CARE-ROP1, l'efficacité et la sécurité d'emploi de 2 doses de ranibizumab (0,12 mg et 0,20 mg en injections intra-vitréennes, 24 % et 40 % de la dose adulte) ont été évaluées en double aveugle chez 16 enfants (32 yeux), avec un diagnostic de ROP. En analyse per protocole on enregistre des taux de succès pour les 2 doses de 94 % et 93 %. La proportion d'enfants qui nécessitent une thérapie de secours à 24 semaines est de 88,9 % (8/9) sous 0,12 mg et 85,7 % (6/7) sous 0,20 mg. Aucun enfant de plus de 25 semaines n'a nécessité de thérapie de sauvetage. A la visite finale, 60 % des enfants traités par 0,12 mg et 55,6 % par 0,20 mg n'ont plus de ROP et demeurent stables en stade 1 dans les zones antérieures II ou III. Deux enfants ont présenté des récidives sévères justifiant le reprise du traitement avec pour résultat l'absence de ROP ou une ROP stade 1 dans les zones antérieures II ou III.

En monothérapie ou associé au laser

Pour le Dr Andréas Stahl (Freibourg), cette étude montre que le ranibizumab est une alternative efficace au traitement par bévacizumab. "Avec cet anticorps, nous avons maintenant la possibilité de diminuer la croissance vasculaire pathologique dans ces yeux ; de plus le ranibizumab ne supprime pas les taux circulants de VEGF, limitant dès lors les effets secondaires sur les organes comme le cerveau et le poumon en pleine croissance". Pour le Dr JC. Law (Nashville), "c'est aussi une option pour les cas de ROP sévères postérieures avec une activité vasculaire accrue qui nuit à l'efficacité du laser. On peut imaginer un anti-VEGF en 1ère ligne suivi par un traitement laser pour se prémunir du risque de récidive". La durée de CARE-ROP va être prolongée avec des contrôles à 1, 2 et 5 ans pour confirmer ces bons résultats.

Dr Will Boggs, Claude Bieva

Références
Stahl A et coll. Comparing Alternative Ranibizumab Dosages for Safety and Efficacy in Retinopathy of Prematurity : A Randomized Clinical Trial.
JAMA Pediatr., 2018 ; 172 : 278-286. doi: 10.1001/jamapediatrics.2017.4838. Copyright mediquality.

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