Un nouveau souffle dans le traitement de l’asthme avec l’azithromycine

Certains patients asthmatiques ne sont pas parfaitement contrôlés avec les corticoïdes et bronchodilatateurs inhalés et ils présentent ainsi des risques non négligeables d’exacerbations. Dans ces cas difficiles, les traitements par anticorps monoclonaux comme les anti-IgE (omalizumab) et anti-IL5 (mépolizumab et reslizumab) peuvent être proposés, mais leur coût élevé limite leur utilisation.

D’autres options thérapeutiques seraient donc bienvenues. Des revues systématiques d’essais randomisés ont montré que les macrolides pouvaient avoir une certaine efficacité sur les symptômes d’asthme mal contrôlés par les traitements standard. Toutefois, le design des travaux ne permettait pas d’affirmer avec certitude leur efficacité sur les exacerbations.

Moins d’exacerbations, une bonne tolérance et une meilleure qualité de vie

Le Lancet publie les résultats d’un essai qui pourrait faire date. Il s’agit d’un essai randomisé, mené sur 420 patients. Les uns recevaient de l’azithromycine à raison de 500 mg 3 fois par semaine pendant 48 semaines. Les autres recevaient un placebo, à la même fréquence et sur la même durée.

Les résultats sont convaincants, puisque l’azithromycine réduit les exacerbations par rapport au placebo (1,07 par patient-année vs 1,86 ; IRR 0,59 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 0,47 à 0,74), de même que le taux d’exacerbations sévères nécessitant une corticothérapie par voie systémique ou une hospitalisation (0,61 par patients-année vs 1,07 ; ratio d’incidence [IRR] 0,59 ; IC 0,42 à 0,83). Le traitement est relativement bien toléré, malgré une augmentation du risque de diarrhée dans le groupe azithromycine (34 % vs 19 %), mais qui est contrebalancée par une amélioration significative de la qualité de vie des patients (différence moyenne ajustée 0,36 ; IC 0,21 à 0,52).

Efficacité sur l’asthme éosinophilique et non-éosinophilique

Notons que plus de 80 % des patients inclus dans cette étude prenaient de fortes doses de corticoïdes inhalés et de bronchodilatateurs à longue durée d’action. Les auteurs de l’étude précisent d’autre part qu’ils ont choisi l’azithromycine parmi les macrolides, du fait de sa longue durée d’action qui permet de moduler les effets d’une éventuelle compliance imparfaite au traitement. L’examen des expectorations a permis de différencier les deux phénotypes, asthme éosinophilique et non-éosinophilique, et il s’avère que l’azithromycine réduit les exacerbations dans les deux cas.

Quant au problème important de la résistance bactérienne, il apparaît en effet que l’azithromycine est associée à une augmentation de la résistance bactérienne, mais la différence n’est pas statistiquement significative. Ce point devra toutefois être confirmé par les futurs travaux.

Le mécanisme d’action de l’azithromycine dans la prévention des exacerbations de l’asthme n’est pas précisément élucidé. Les macrolides ont une action antibactérienne, antivirale et anti-inflammatoire. Il n’est pas retrouvé ici d’indices que l’efficacité serait anti-bactérienne, mais l’implication des deux autres modes d’action ne peut non plus être affirmée avec certitude.

Dr Roseline Péluchon

Références
Gibson PG et coll. : Effect of azithromycin on asthma exacerbations and quality of life in adults with persistent uncontrolled asthma (AMAZES) : a randomised, double-blind, placebo-controlled trial.
Lancet, 2017 ; publication avancée en ligne le 4 juillet. doi.org/10.1016/S0140-6736(17)31281-3

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Une demande de précision

    Le 27 juillet 2017

    Quelle a été la tolérance cardiaque?
    Posologie 500 mg/jour 3 jours consécutifs/semaine ou 500mg tous les 2 jours.

    Dr Philippe Monier

Réagir à cet article