Prophylaxie pré-exposition en prévention du VIH: 100 % d'efficacité !

L'étude ANRS PREVENIR montre un taux d'efficacité de la prophylaxie pré-exposition de 100% à 1 an chez les 1.435 sujets volontaires, quel que soit le mode de prise, en quotidien ou à la demande, conjugué à une tolérance acceptable sans arrêts de traitement liés à des effets secondaires. Ces données ont été présentées en session orale lors de la 22nd International AIDS Conference qui vient de se tenir à Amsterdam du 23 au 27 juillet.

La prophylaxie pré-exposition a fait la preuve de son efficacité. Dans l'étude IPERGAY incluant 444 sujets volontaires, on observe 14 contaminations dans le groupe de patients sous placebo vs 2 dans le groupe sous Truvada (p = 0.0023). L'incidence était de 6,60% pour cent patients-années dans le groupe placebo vs 0.92 dans le groupe Truvada, soit en ITT une réduction de 86% du risque relatif (p = 0.002). Le schéma de prise était deux comprimés avant le premier rapport puis deux prises d'un comprimé 24h et 48h après le dernier rapport. L'étude PREVENIR qui a été présentée est le prolongement de IPERGAY mais avec des données en vraie vie.

PREVENIR

Dans cette cohorte de l'ANRS, les volontaires séronégatifs recrutés entre mai 2017 et mai 2018, présentaient tous un haut risque d'infection par le VIH. 44% prenaient la prophylaxie quotidiennement et 53% l'utilisaient à la demande en préalable à une activité sexuelle. Avec un recul de 1 an, on constate chez les 1.435 sujets volontaires, essentiellement des HSH, 100% d'efficacité sans aucune infection par le VIH, quel que soit le mode d'administration, en quotidien ou à la demande. On constate aussi une utilisation cohérente et raisonnée de la PrEP par 96% des participants et 20% qui utilisent un préservatif, démontrant la complémentarité des deux approches préventives. La tolérance est bonne sans arrêts de traitement liés à des effets secondaires de la PrEP. Un bémol vient peut-être de l'interaction entre le Truvada et un traitement hormonal. Une étude a démontré que le taux de ténofovir pouvait diminuer lorsque le patient est déjà sous un traitement hormonal destiné à la féminisation.

Deux approches préventives efficaces

Pour le Pr Molina, chef de service d'infectiologie à l'hôpital St Louis (Paris), "ces données sont impressionnantes car elles ont été obtenues chez des personnes à très haut risque. Le point important est que nous disposons dès à présent de deux façons de prévenir la transmission du VIH, nous pouvons d'une part anticiper la contamination possible par ce traitement prophylactique et nous pouvons également recourir au traitement conventionnel à base d'une trithérapie dolutégravir/emtricitabine et ténofovir". Les données de PREVENIR confortent celles des études IPERGAY et PROUD. L'étude devrait se poursuivre avec l'inclusion de 3.000 personnes d'ici 2019 qui seront suivies jusque 2020.
 

Dr Claude Biéva

Références
1.Molina JM et al.
22nd international AIDS Conference (Amsterdam) : 23-27 juillet 2018.

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