Artérite de Horton : le tocilizumab entre en scène

Le traitement purement symptomatique de l’artérite à cellules géantes de Horton repose principalement sur la corticothérapie dont l’efficacité et les limites sont bien connues, notamment dans cette indication. La réponse initiale est souvent franche, mais l’arrêt même progressif des corticoïde expose à un risque élevé de rechute, alors que leurs effets indésirables au long cours sont à la fois fréquents et préoccupants, qu’il s’agisse de la prise de poids, de l’HTA, du diabète ou encore de l’ostéoporose, pour ne citer que les exemples les plus significatifs. Il faut ajouter que ce traitement est le seul à être efficace dans la prévention de la cécité qui est une des grandes complications de l’artérite de Horton.

Dans ce contexte, les résultats d’un essai randomisé mené contre placebo offrent un espoir réel. Le médicament qui en a été l’objet est le tocilizumab, anticorps monoclonal doué d’un effet ihibiteur de la sous-unité alpha du récepteur de l’interleukine-6 (IL-6), lequel a déjà fait ses preuves dans la polyarthrite rhumatoïde.

L’étude, d’une durée d’un an, a inclus 251 patients atteints d’une artérite de Horton et répartis en plusieurs groupes, selon la durée de la corticothérapie associée à doses dégressives (26 ou 52 semaines) et le traitement (162 mg de tocilizumab par voie sous-cutanée toutes les semaines ou une semaine sur deux versus placebo). A noter que dans les groupes traités par l’anticorps monoclonal, les corticoïdes ont été interrompus à la 26e semaine de l’essai.

Un taux de rémission nettement plus élevé

Le principal critère d’efficacité a été le taux de rémission à la 52e semaine, en l’absence de toute corticothérapie, dans les groupes traités par tocilizumab, comparativement au groupe placebo dans lequel les corticoïdes ont été progressivement interrompus à la 26e  semaine. Le critère secondaire a été du même ordre, mais dans le groupe placebo, la corticothérapie n’a été arrêtée qu’à la 52e semaine.

Une rémission stable à la 52e semaine est survenue chez 56 % des patients traités par une injection hebdomadaire de tocilizumab (versus 53 % en cas d’injection toutes les 2  emaines). Dans les groupes placebo, les valeurs correspondantes ont été respectivement de 14 % et 18 %, selon le moment où les corticoïdes ont été interrompus (26 versus 52 semaines ; p<0,001 dans les deux cas de figure). La dose cumulée médiane de prednisone au terme de 52 semaines a été de 1 862 mg dans les 2 groupes  tocilizumab versus, respectivement 3 296 mg et 3 818 mg dans les groupes placebo (26e versus 52e semaine pour l’arrêt des corticoïdes, p<0,001 dans les deux cas de figure). Dans les quatre groupes ainsi définis par l’ordre d’apparition dans le texte, la fréquence des événements indésirables sévères a été respectivement de 15 %, 14 %, 22 % et 25 %. Une névrite optique ischémique s’est développée chez un patient qui recevait une injection de tocilizumab toutes les 2 semaines.

Dans cette étude, le tocilizumab associé à une corticothérapie dégressive de 26 semaines s’est révélé plus efficace que cette dernière, administrée en monothérapie pendant 26 ou 52 semaines, chez les patients atteints d’une artérite de Horton confirmée. Le taux de rémission stable et prolongée a été en effet près de 3 fois plus élevé à la 52e semaine, alors que les corticoïdes avaient été interrompus : un résultat encourageant qui doit cependant être confirmé à plus long terme, de façon à mieux apprehénder son acceptabilité, notamment le risque d’infections opportunistes.

Dr Philippe Tellier

Référence
Stone JH et coll. Trial of Tocilizumab in Giant-Cell Arteritis. N Engl J Med., 2017 ; 377 :317-328.

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Vos réactions (1)

  • Horton et tocilizumab

    Le 08 août 2017

    Assez logique dans cette pathologie inflammatoire à risque élevé de cécité, cette voie thérapeutique me semble une avancée importante pour les patients "polymediqués" ou présentant une contrindication relative aux corticosteroides.
    Si le traitement stéroïdien semble selon l'étude pouvoir être limité dans le temps pour obtenir la remission, peut on dans un deuxieme temps envisager d'en reduire les doses efficaces?

    Dr Christian Vannimenus

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