Cancers de la tête et du cou, peut-être une nouvelle indication pour le nivolumab

Plusieurs traitements anti-cancéreux ont désormais pour cible les mécanismes immunitaires. Le blocage de la voie de signalisation PD-1/PD-L1 fait notamment l’objet de nombreux travaux visant à atteindre le processus tumoral en son centre. Il est vrai que le principe est séduisant. La protéine PD-1, immunoglobuline présente à la surface des lymphocytes B, lymphocytes T et macrophages, joue en effet un rôle de régulation négative de la réponse immunitaire, alors que ses ligands PD-L1 et PD-L2, exprimés par des cellules tumorales, jouent un rôle inhibiteur sur les lymphocytes T, permettant aux cellules cancéreuses de se développer en profitant en quelque sorte d’une immunité « pro-tumorale ».

Le nivolumab, un anticorps monoclonal humain anti-PD1 a déjà montré son efficacité anti-tumorale au cours du traitement de plusieurs types de cancers. Le New England Journal of Medicine publie les résultats d’un essai de phase III mené sur des patients présentant un carcinome épidemoïde de la tête et du cou ayant progressé dans les 6 mois suivant une chimiothérapie avec un sel de platine. Notons que plus de 50 % des patients atteints de ce type de cancer présentent une récurrence dans les 3 premières années suivant le traitement initial. Ces récurrences sont favorisées par des mécanismes immunitaires dans lesquels est justement impliquée la voie PD-1/PD-L1.

Des résultats encourageants…

Il s’agit d’un essai de phase III, randomisé en ouvert dans lequel 240 patients recevaient le nivolumab à la dose de 3 mg par kilo toutes les 2 semaines, et étaient comparés à 121 patients qui recevaient un traitement standard (méthotrexate, docétaxel ou cétuximab).

Les résultats sont encourageants puisque la survie médiane du groupe nivolumab est supérieure à celle du groupe traitement standard (7,5 mois vs 5,1 mois). La survie totale est améliorée (Hazard Ratio de décès 0,70 ; intervalle de confiance à 97,73 % 0,51 à 0,96) et le taux estimé de survie à 1 an supérieur de 19 % (36 % vs 16,6 %). Cette amélioration de la survie est constatée quel que soit le traitement standard auquel est comparé le nivolumab. Il n’apparaît pas en revanche de différence significative entre les groupes en ce qui concerne la survie médiane sans progression, mais le taux de survie sans progression à 6 mois est supérieur dans le groupe nivolumab (19,7 % vs 5,8 %).

L’analyse post-hoc indique que l’efficacité supérieure du nivolumab se manifeste quelle que soit l’expression de PD-L1 dans la tumeur.

Notons enfin que, si le taux d’effets indésirables est sensiblement le même dans les 2 groupes, les patients sous nivolumab ont présenté moins d’effets de grade 3 ou 4 que ceux sous thérapies standard (13,1 % vs 35,1 %). Les effets secondaires les plus fréquents sont la fatigue, les nausées et des rashes cutanés.

Dr Roseline Péluchon

Références
Ferris RL et coll. : Nivolumab for Recurrent Squamous-Cell Carcinoma of the Head and Neck.
New Engl J Med., 2016 ; publication avancée en ligne le 9 octobre. DOI: 10.1056/NEJMoa1602252
ESMO (European Society for medical oncology) 2016 congress (Copenhague, Damemark) : 7-11 octobre 2016.

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