Effet bénéfique des i-SGLT2 dans le diabète de type 2 avec insuffisance cardiaque

La liste des antidiabétiques oraux s’est récemment enrichie d’une classe pharmacologique nouvelle : les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (i-SGLT2) représentés en France par l’empagliflozine, la dapagliflozine et la canagliflozine.

La sotaglifozine développée par Sanofi en fait partie et l’Agence européenne du médicament examine actuellement sa demande d’AMM.

Ces médicaments, outre leur effet favorable sur le contrôle glycémique, apportent un bénéfice cardiovasculaire qui semble bien dépasser le cadre du diabète. C’est ainsi qu’ils diminuent la mortalité cardiovasculaire et le risque d’hospitalisation chez les patients atteints d’une insuffisance cardiaque stable, quelle qu’en soit l’étiologie. Qu’en est-il dans les situations cliniques plus instables, notamment dans les suites immédiates d’une décompensation cardiaque ?

Un essai randomisé multicentrique, mené à double insu contre placebo a inclus 1 622 patients atteints d’un diabète de type 2 et hospitalisés en raison de l’aggravation d’une insuffisance cardiaque. Le critère de jugement principal combinait le nombre total de décès d’origine cardiovasculaire, les hospitalisations et les consultations en urgence en rapport avec l’insuffisance cardiaque. La sotaglifozine a été administrée chez 608 patients (versus 614 dans le groupe placebo) avant la sortie (48,8 %) ou dans les 48 heures qui ont suivi cette dernière (51,2 %). Au cours d’un suivi médian de 9 mois, 600 évènements relevant du critère de jugement principal ont été dénombrés, dont 245 dans le groupe traité et 355 dans l’autre.

Essai randomisé avec la sotaglifozine

Le nombre de ces évènements (pour 100 patients-années) s’est avéré plus faible dans le groupe traité, soit 51,0 versus 76,3 ce qui conduit à un hazard ratio (HR) de 0,67 (intervalle de confiance [IC] à 95 % 0,52 à 0,85 ; p < 0,001). Une tendance similaire a été observée quant à la mortalité cardiovasculaire (HR, 0,84 ; IC 95 % 0,58 à 1,22) ou globale (0,82 ; IC 95 %, 0,59 à 1,14) sans atteindre le seuil de signification statistique.

Quant à l’acceptabilité, c’est la diarrhée qui a été l’évènement indésirable le plus fréquent, concernant 6,1 % des patients dans le groupe sotagliflozine versus 3,4 % dans le groupe placebo. Les épisodes d’hypoglycémie sévère ont été également plus fréquents avec l’i SGLT2, soit 1,5 % vs 0,3 %). En revanche, aucune différence intergroupe significative n’a été décelée quant à la fréquence de l’hypotension artérielle (6,0 % vs 4,6 %) ou encore de l’insuffisance rénale aiguë (4,1 % vs 4,4 %).

La survenue d’une décompensation cardiaque n’est pas rare chez les patients atteints d’un diabète de type 2. Dans les suites immédiates de cette dernière, l’administration précoce d’un i-SGLT2 tel la sotagliflozine qui pourrait être prochainement commercialisée en France permet d’améliorer le pronostic cardiovasculaire à moyen terme avec une acceptabilité clinique et biologique globalement satisfaisante. A l’heure actuelle, il semble de plus en plus que les effets cardiovasculaires bénéfiques des i-SGLT2 relèvent d’un effet de classe et non d’effets propres à telle ou telle molécule.

Dr Peter Stratford

Référence
Bhatt DL et coll. : Sotagliflozin in Patients with Diabetes and Recent Worsening Heart Failure. N Engl J Med 2021 ; 384(2): 117-128. doi: 10.1056/NEJMoa2030183.

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