La progestérone peut-elle être utile après une tocolyse efficace ?

Une récente méta-analyse1 concluait que l'utilisation de progestérone après l'arrêt d'un épisode de travail prématuré pouvait aboutir à des résultats encourageants, mais les auteurs restaient prudents en raison de la faiblesse méthodologique des études incluses.

Une nouvelle étude2, parfaitement conçue sur le plan méthodologique, a eu pour objectif d'évaluer l'efficacité d'un traitement par la progestérone vaginale après une tocolyse en cas de menace d'accouchement prématuré.

Il s'agit d'une étude prospective, multicentrique, randomisée en double aveugle, comparant la progestérone à un placebo. Vingt structures y ont participé, réparties dans toute l'Espagne. Les critères d'inclusion étaient une grossesse unique avec menace d'accouchement prématuré à moins de 34 semaines d'aménorrhée, un traitement tocolytique ayant arrêté les contractions et une longueur cervicale inférieure à 25 mm. Les patientes ont été séparées en deux groupes : un groupe progestérone avec l'administration quotidienne de capsules vaginales de 200 mg, l'autre avec celle d'un placebo, et cela jusqu'à un âge gestationnel de 36 SA + 6 jours.

Le critère principal de jugement était l'accouchement avant 34 ou 37 SA. Les critères secondaires étaient les réhospitalisations pour travail prématuré, les consultations en urgence, la morbidité et la mortalité néonatales.

Une tocolyse de 48 heures… Rien de moins, rien de plus !

Deux cent cinquante-huit femmes ont été incluses : 126 dans le bras Progestérone et 132 dans le groupe Placebo. Aucune différence n'a été retrouvée concernant les accouchements avant 34 SA (7,1 % vs 7,6 %, p = 0,91) ou avant 37 SA (28,6 % vs 22,0 %, p = 0,22), quel que soit l'âge gestationnel lors de l'inclusion ou la longueur du col. En ce qui concerne les résultats secondaires, l'analyse statistique n'a montré, là encore, aucune différence significative.

On peut donc conclure que l'administration quotidienne de progestérone en traitement d'entretien après un épisode jugulé de travail prématuré ne réduit pas l'incidence de la prématurité. Poursuivons donc une attitude thérapeutique respectant les recommandations : pas de traitement tocolytique supérieur à 48 heures, le temps d'assurer la corticothérapie anténatale. Rien de moins, rien de plus !

Dr Charles Vangeenderhuysen

Références
1. Suhag A et coll. : Vaginal progesterone for maintenance tocolysis: a systematic review and metaanalysis of randomized trials. Am J Obstet Gynecol., 2015; 213: 479–87.
2. Palacio M et coll. : Vaginal progesterone as maintenance treatment after an episode of preterm labour (PROMISE) study: a multicentre, double-blind, randomised, placebo-controlled trial. BJOG, 2016; 123 : 1990-1999. DOI: 10.1111/1471-0528.13956.

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