L’aprémilast, un bon choix pour la maladie de Behçet

Les aphtes buccaux récidivants sont souvent les premières manifestations de la maladie de Behçet. Ils sont à l’origine de douleurs et de difficultés pour manger, boire et parler. La colchicine est recommandée en première ligne de traitement, mais son efficacité est souvent loin d’être optimale.

Récemment, il a été montré que l’aprémilast était capable de réduire le nombre des ulcérations de la cavité buccale, des douleurs associées et l’activité globale de la maladie. L’aprémilast est un inhibiteur oral de la phosphodiestérase-4, qui agit en réduisant la production de cytokines pro-inflammatoires et augmente la production de médiateurs anti-inflammatoires. La molécule, déjà utilisée dans le traitement du psoriasis et du rhumatisme psoriasique, a passé avec succès l’épreuve d’un essai de phase 2 évaluant son efficacité dans la maladie de Behçet.

Les résultats d’un essai de phase 3 sont maintenant publiés dans le New England Journal of Medicine. Au total 207 patients atteints de la maladie de Behçet, avec des ulcères actifs de la cavité buccale, et n’ayant pas encore reçu de biothérapie, ont été randomisés pour recevoir de l’aprémilast à la dose de 30 mg 2 fois par jour, ou un placebo. Le traitement était administré pendant 12 semaines, puis pendant une phase d’extension de 52 semaines. Le critère sur lequel a porté principalement  l’évaluation était le nombre total d’aphtes pendant la première période de 12 semaines.

Plus aucun aphte chez la moitié des patients traités au bout de trois mois

Les résultats confirment l’efficacité de l’aprémilast, en montrant une réduction du nombre des aphtes buccaux plus important dans le groupe traité par cette molécule par rapport à celui recevant le placebo. Cette diminution du nombre des aphtes, et de la douleur associée, apparaît dès la première semaine de traitement et se retrouve dans les différents sous-groupes constitués selon les caractéristiques au démarrage de l’étude (durée de la maladie, nombre d’aphtes, région géographique, antécédents de traitement par colchicine et glucocorticoïdes). La moitié des patients dans le groupe aprémilast ne présente plus d’aphte de la cavité buccale à la semaine 12, contre un peu moins d’un quart des patients du groupe placebo.

En revanche, les effets indésirables sont aussi plus fréquents dans le groupe aprémilast. Il s’agit principalement de nausées, diarrhées et céphalées. Notons que l’essai n’était pas prévu pour évaluer l’efficacité de l’aprémilast sur les manifestations cutanéo-muqueuses autres que les ulcérations buccales.

Ces données ne manquent pas d’intérêt. Nous serons attentifs à la publication des résultats au terme de la phase d’extension de 52 semaines.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hatemi G et coll. : Trial of Apremilast for Oral Ulcers in Behçet’s Syndrome. N Engl J Med., 2019; 381: 1918-28. doi: 10.1056/NEJMoa1816594.

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