Nifédipine ou atosiban en cas de menace d'accouchement prématuré ?

En cas de menace d'accouchement prématuré avant 34 semaines, une tocolyse d'au moins 48 heures est mise en œuvre pour mener à bien la corticothérapie afin d'accélérer la maturation pulmonaire chez le fœtus. Mais quelle molécule utiliser pour obtenir les meilleurs résultats tant pour le nouveau-né que pour sa maman?

Une étude prospective multicentrique randomisée (APOSTEL III) a été menée dans 19 hôpitaux néerlandais et belges pour comparer deux molécules : la nifédipine, un antagoniste du calcium, et l'atosiban, un antagoniste compétitif de l'ocytocine au niveau des récepteurs, dont une méta-analyse a montré l'effet identique sur la prolongation de la grossesse.

Le recrutement a concerné 510 femmes présentant une menace d'accouchement prématuré (MAP) entre 25 et 34 semaines d'aménorrhée sur grossesse unique ou multiple. La MAP était définie par l'association d'au moins 3 contractions utérines en 30 minutes associées à l'un des 3 symptômes suivants : longueur cervicale ≤ 10 mm, col entre 11 et 30 mm et test à la fibronectine positif, rupture prématurée des membranes.

Deux cent cinquante-quatre patientes ont été traitées par nifédipine (20 mg per os toutes les 6 heures pendant 48 heures), alors que 256 autres recevaient une perfusion d'atosiban (bolus de 6,75 mg, suivi de 18 mg/h pendant 3 heures, puis 6 mg/h pendant les 45 heures restantes).

Le critére principal était la fréquence des complications néonatales : mortalité périnatale, dysplasie bronchopulmonaire, infection néonatale, hémorragie intraventriculaire, leucomalacie périventriculaire et entérocolite nécrosante.

Des résultats similaires, tant pour la mère que pour le nouveau-né

La grossesse a été prolongée en moyenne de 7 jours avec la nifédipine et de 4 jours avec l'atosiban, la différence étant non significative, l'accouchement ayant eu lieu après 48 heures respectivement dans 68 et 66 % des cas.

Des complications néonatales ont été observées dans 14 % des cas lorsque le traitement était la nifédipine et 15 % en cas d'utilisation d'atosiban. Aucune différence significative n'a été mise en évidence (risque relatif RR = 0,91 ; intervalle de confiance à 95 % IC95 : 0,91-5,33). Les effets secondaires maternels étaient retrouvés à la même fréquence dans les deux groupes.

Les auteurs concluent que l'utilisation de l'un ou l'autre de ces tocolytiques aboutit à des résultats parfaitement similaires. Ils n'ont déploré aucun effet secondaire maternel tel que hypotension et tachycardie, compliquant classiquement l'administration de nifédipine.

Cette étude peut éclairer nos choix thérapeutiques, d'autant que les implications en termes de coût et d'inconfort pour les parturientes ne sont pas négligeables.

Dr Charles Vangeenderhuysen

Référence
Van Vliet EOG et coll. : Nifedipine versus atosiban for threatened preterm birth (APOSTEL III): a multicentre, randomised controlled trial. Lancet, 2016; 387: 2117-24.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article