Pourquoi pas le tocilizumab en première intention dans la polyarthrite rhumatoïde débutante ?

Le tocilizumab (Ro-Actemra) est un anticorps monoclonal humanisé proposé en traitement de seconde intention dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Des chercheurs néerlandais ont évalué l’intérêt d’une prescription en première intention du tocilizumab chez les patients avec un diagnostic de PR récent. Ils ont comparé l’efficacité et la tolérance de cet anticorps anti-interleukine 6 avec celles du méthotrexate.

Une étude randomisée en double aveugle et double placebo

Trois cent dix-sept patients ont été sélectionnés au sein de différentes consultations ambulatoires de rhumatologie des Pays-Bas. Ils devaient avoir reçu un diagnostic de PR depuis moins d’un an, n’avoir jamais été sous agents rhumatismaux modificateurs de la maladie (disease-modifying antirheumatic drugs DMARDs), et présenter une arthrite active avec un score DAS 28 (disease activity score) d’au moins 2,6.

Ils ont été tirés au sort pour être répartis en 3 groupes. Cent-six patients ont reçu l’association tocilizumab/méthotrexate, 103 du tocilizumab et le placebo du méthotrexate, quant au 3e groupe il a reçu du méthotrexate et le placebo du tocilizumab.

La posologie de tocilizumab administrée était de 8 mg/kg en IV toutes les 4 semaines avec un maximum de 800 mg par dose. Le méthotrexate était débuté à 10 mg par semaine, et augmenté par palier de 5 mg toutes les 4 semaines avec un maximum de 30 mg par semaine. En cas d’intolérance à un de ces traitements ou en cas d’absence de réponse clinique, les patients se voyaient immédiatement proposer un protocole thérapeutique différent de celui qu’ils suivaient initialement.

Mieux que le méthotrexate seul

Chez les patients ayant suivi toujours le même protocole, 86 % de ceux prenant le tocilizumab associé au méthotrexate ont eu une rémission, 83 % pour le groupe sous tocilizumab seul et 44 % pour le groupe sous méthotrexate seul. Pour les patients ayant eu une modification de leur protocole initial, les résultats respectifs sont 86 %, 88 % et 77 %. Avec le méthotrexate seul, les rémissions sont obtenues beaucoup plus tardivement.

Une alternative aux inhibiteurs du TNF (tumor necrosis factor)

Les auteurs de cette étude se réfèrent aussi à une méta-analyse qui conforte leur résultat. En monothérapie, le tocilizumab semble être plus efficace que les inhibiteurs du TNF et il serait presque aussi actif que l’association méthotrexate/tocilizumab.

Des études complémentaires axées sur des résultats à long terme seraient nécessaires pour définir le tocilizumab comme un traitement de première intention de la polyarthrite rhumatoïde débutante. De plus, le coût de celui-ci devra aussi être pris en compte.

Dr Carine Brunel

Référence
Bijlsma Johannes WJ et coll : Early rheumatoid arthritis treated with tocilizumab, methotrexate, or their combination (U-Act-Early) : a multicentre, randomised, double-blind, double dummy, strategy trial. Lancet, 2016 ; 388: 343-55. doi.org/10.2016/S0140-6736(16)30363-4.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article