Prévenir la migraine, même très résistante, avec le fremanezumab

Force est de constater que les traitements préventifs de la migraine ne sont pas toujours couronnés de succès. D’autant que les effets indésirables des traitements conventionnels sont fréquents et conduisent souvent à des abandons.

La meilleure connaissance de la pathophysiologie de la migraine a conduit au développement de nouvelles molécules, parmi lesquelles le fremanezumab. Il s’agit d’un anticorps monoclonal humanisé, ciblant le Calcitonine Gene-Related Peptide (CGRP). Il a été constaté en effet quele taux de CGRP augmente significativement au cours de la crise migraineuse, pour revenir à la normale après la crise.

Les essais ont montré que les anticorps monoclonaux ciblant le CGRP, ou son récepteur, procuraient une amélioration significative aux patients atteints de migraine épisodique ou chronique. Toutefois, ces essais excluent le plus souvent les malades en échec thérapeutique après 2 ou 3 traitements préventifs, ce qui manifestement peut biaiser les résultats. C’est la raison pour laquelle une équipe européenne a réalisé un essai randomisé contrôlé en double aveugle, incluant des patients migraineux en échec thérapeutique après 2 à 4 traitements préventifs.

Au total 838 participants (39 % présentaient une migraine épisodique, 61 % une migraine chronique) ont été randomisés. Les uns (n = 279) recevaient un placebo, les autre le fremanezumab, en injection trimestrielle (n = 276) ou mensuelle (n = 283). Le critère de jugement de l’efficacité du traitement était la modification du nombre moyen de jours de migraine pendant la période de 12 semaines du traitement.

Six fois plus de chance de réduire de moitié le nombre de jours de migraine

Les données montrent que les patients en échec après 2 à 4 traitements préventifs de migraine peuvent encore être améliorés avec le fremanezumab. Le nombre moyen de jours mensuels de migraine pendant les 3 mois du traitement est en effet inférieur pour les patients sous injection trimestrielle que pour ceux sous placebo (- 3,7 vs - 3,1). C’est aussi le cas pour les patients sous injection mensuelle de fremanezumab (- 4,1 vs - 3,5). La fréquence des effets indésirables est identique à celle du placebo. Les chances d’obtenir une réduction d’au moins 50 % des jours de migraine dans les 4 semaines après le début de l’étude sont environ 6 fois supérieure avec le fremanezumab qu’avec le placebo.

Les auteurs précisent que ce gain moyen dans les jours de migraine (26 à 39 points de pourcentage) est cliniquement significatif et supérieur à ce qui est retrouvé dans les essais cliniques concernant les autres traitements préventifs de la migraine, et ce, bien que les patients inclus dans cette étude présentassent une forme de migraine particulièrement résistante.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Ferrari MD et coll. : Fremanezumab versus placebo for migraine prevention inpatients with documented failure to up to four migraine preventive medication classes (FOCUS): a randomised,double-blind, placebo-controlled, phase 3b trial. Lancet, 2019 ; publication avancée en ligne le 16 août. doi: 10.1016/S0140-6736(19)31946-4.

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Vos réactions (2)

  • Quel type de migraine ?

    Le 27 août 2019

    Merci pour ces informations.

    Toutefois il serait utile de préciser quel type de migraine a pu bénéficier de cet essai.
    S'agit-il de migraine "classique" ou plus spécifique comme l'algie vasculaire de la face (tellement redoutable)?

    En ce qui me concerne je bénéficie pour le moment d'un traitement analogue (Aimovib soit Erenumab) pour une pathologie d'algie vasculaire résistante aux traitements de fond.

    Dr S.

  • Une question pratique

    Le 28 août 2019

    Ce traitement est il déjà commercialisé ou bien encore à l’étude en France ...

    Dr P Erbibou

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