Il pourrait être utile de mesurer régulièrement les taux de galectine-3

On sait désormais que la galectine-3 (Gal-3) est un biomarqueur de l’insuffisance cardiaque (IC). Les récepteurs de la Gal-3 sont essentiellement situés dans la matrice extracellulaire du myocarde et dans les fibroblastes cardiaques dont elle induit la prolifération. Par ailleurs, elle est à l’origine d’un dépôt de collagène et d’un remodelage cardiaque.

Si la Ggal-3 est bien associée à l’insuffisance cardiaque et à un mauvais pronostic cardiovasculaire, on connaît mal la signification de la modification de son taux au cours de l’évolution en ce qui concerne la survenue d’événements cliniques.

C’est ce qui a conduit Ghorbani et coll. à étudier les facteurs qui modifiaient les taux de Gal-3 et à tenter de déterminer si la mesure régulière de ces taux permettait de prédire, au cours du temps, la survenue d’une IC, d’une maladie cardiovasculaire ou d’un décès de toute cause.

L’analyse a porté sur les 2 477 descendants (Heart Study Offspring cohort) des sujets qui avaient participé, en 1948, à l’étude de Framingham. Une mesure de leur taux de Gal-3 avait été effectuée lors de deux examens cliniques réalisés entre 1995 et 1998 et entre 2005 et 2008.

Des modèles de régression linéaires ont été utilisés pour apprécier les corrélations entre les données cliniques et les modifications du taux de Gal-3.

Une modification du taux de Gal-3 est associée à la survenue d’une insuffisance cardiaque ultérieure

Certains facteurs se sont trouvés associés à des modifications plus importantes des taux de Gal-3 au cours du temps : âge, sexe féminin, hypertension artérielle, diabète, indice de masse corporelle, survenue d’une insuffisance rénale chronique, d’une IC (p < 0,0001 pour tous ces paramètres).

Une modification du taux de Gal-3 s’est trouvée associée à la survenue ultérieure d’une IC (hazard ratio [HR]1,39 pour chaque déviation standard ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,13 à 1,71), d’une maladie cardiovasculaire (HR 1,29 ; IC 95 % : 1,11 à 1,51) ou d’un décès de toute cause (HR 1,30 ; IC 95 % : 1,17 à 1,46).

La modification du taux de Gal-3 était associée, tout à la fois, à la survenue d’une IC à fraction d’éjection ventriculaire gauche altérée et d’une IC à fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée (p < 0,05 dans les deux cas).

En conclusion :

1- Quand les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels (âge avancé, hypertension artérielle, diabète et indice de masse corporelle) s’associent à une élévation des taux de Gal-3 au cours du temps, l’élévation la plus forte est contemporaine de la survenue d’une insuffisance rénale chronique ou d’une IC ; 

2- Lors du suivi, l’élévation des taux de Gal-3 est indépendamment associée à la survenue ultérieure d’une IC, d’une maladie cardiovasculaire, d’un décès de toute cause ;

3- Les modifications des taux de Gal-3 prédisent la survenue d’une IC à fraction d’éjection ventriculaire gauche altérée ou préservée. Des études ultérieures devront déterminer si la mesure régulière des taux de G3 peut être utile pour prévenir la morbidité notamment cardiovasculaire.

Dr Robert Haïat

Référence
Ghorbani A et coll. : Longitudinal Change in Galectin-3 and Incident Cardiovascular Outcomes. J Am Coll Cardiol., 2018;72: 3246–54.

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