Chez l’enfant, l’éviction des produits laitiers favorise la carence en iode

L’éviction des produits laitiers peut être à l’origine de carences pour les enfants atteints d’une allergie aux protéines du lait de vache. Des choix mal adaptés dans les formules infantiles de substitution peuvent entraîner des carences en vitamines et en sels minéraux, une anémie, ou encore un rachitisme, voire un kwashiorkor. Des troubles de la croissance ont ainsi été rapportés chez les enfants atteints d’allergie aux protéines de lait de vache.

La relation entre le statut en iode et un régime d’éviction des protéines du lait de vache n’a, à ce jour, fait l’objet d’aucune étude. L’iode est pourtant un élément essentiel pour la production des hormones thyroïdiennes, elles-mêmes indispensables à une croissance harmonieuse et un développement neurologique normal de l’enfant. Dans de nombreux pays européens, les produits laitiers constituent la principale source d’iode et plusieurs rapports ont fait état de cas de goitres dus à un faible apport en iode chez des enfants contraints à l’éviction des produits laitiers.

Il était donc intéressant d’aller un peu plus loin dans l’investigation. C’est ce qu’a fait une équipe norvégienne, qui vient de publier les résultats d’une étude observationnelle transversale dont l’objectif était de préciser le statut en iode et la croissance d’enfants allergiques aux protéines du lait de vache. Au total, 57 enfants ont été inclus, d’âge médian 9 ans.

Vigilance et diététique

Les résultats de l’étude justifient à eux seuls l’intérêt porté sur le sujet, puisqu’il apparaît qu’un tiers des enfants (31 %) ont une iodurie basse (<100 μg/l), indiquant une carence en iode. Mais ce n’est pas la seule information intéressante, puisque l’étude montre aussi que les enfants allaités ont un risque supérieur de carence par rapport à ceux qui ne sont que partiellement allaités et aux enfants sevrés, 58 % d’entre eux ayant une iodurie <100 μg/l.

Les praticiens doivent donc être vigilants et préconiser des mesures diététiques susceptibles d’éviter de telles carences. Dans cette étude, les facteurs corrélés positivement à l’iodurie sont la consommation de céréales enrichies pour bébés.

Notons toutefois que si, dans cette étude, les retards de croissance concernent 5 % des enfants, ils ne semblent pas liés à la carence en iode. Ce paradoxe souligne la nécessité de compléments d’investigations, qui nous renseigneraient notamment sur le statut iodé des enfants non allergiques et exclusivement allaités.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Thomassen A. et coll. : Iodine Status and Growth In 0–2-Year-Old Infants With Cow’s Milk Protein Allergy. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2017 ; 64 : 806-811.

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