Des bulles autour d’un pansement

La constitution de phlyctènes sur les zones périphériques d’une plaie chirurgicale est une problématique rencontrée régulièrement par les soignants amenés à dispenser des soins de plaies. Ces bulles douloureuses menacent la cicatrisation de la plaie chirurgicale et augmentent le risque d’infection de celle-ci d’où l’importance de prévenir la survenue de ces phlyctènes.

Une équipe de recherche italienne a mené une étude multicentrique au sein de 3 établissements hospitaliers du nord de l’Italie, pour préciser l’incidence de ce phénomène et identifier les facteurs pronostiques associés. Pour cela, les chercheurs ont réunis une cohorte de 1 002 patients ayant bénéficié d’actes de chirurgie sur différents sites (thorax, abdomen, membres supérieurs et articulations).

L’âge, le genre, l’existence d’allergies, l’IMC et la présence de comorbidités ont été relevés pour chaque patient inclus dans l’étude. Par ailleurs, des facteurs extrinsèques étaient également consignés tels que la prise préalable à la chirurgie de traitement corticoïde, la préparation cutanée de la zone opératoire (rasage, épilation ?), le score ASA, l’antiseptique utilisé pour la détersion cutanée, le pansement collé en fin d’intervention, le type d’anesthésie...

L’âge moyen des patients était de 62,81 ans et la cohorte était constituée à 48,5 % de femmes.

Sur la totalité, 21,46 % des patients ont déclaré avoir un terrain allergique et 68,96 % souffraient de comorbidités.

Par ailleurs, l’IMC moyen était de  26,35 et les interventions de chirurgie programmée représentaient 89,72 % des cas.

De multiples facteurs de risque

Au final, sur les 1002 patients recrutés, les auteurs rapportent 106 cas avérés de phlyctènes soit une incidence de 10,58 %.

Pour 72,6 % des patients concernés, les bulles sont apparues dans les 2 à 3 jours suivant la chirurgie (jusqu’à 8 jours après l’intervention).

La localisation au thorax multiplie par un facteur 9 le risque de survenue de phlyctènes (Odds ratio OR 8,99 ; intervalle de confiance à 95 % IC 5,33–15,13). Pour le membre supérieur et les articulations il y a deux fois plus de risques (OR 2,09 ; IC 1,22–3,58).

Un drainage en postopératoire double le risque (OR 1,98 ; IC  1,11–3,53) alors que le genre féminin augmente ce même risque de 56 % (OR 1,56 ; IC 1,01–1,11) comparativement au genre masculin (OR 1,56). En outre, chaque point d’IMC augmente le risque de 6 % (OR 1,06 ; IC 1,02–1,11).

Ainsi de multiples facteurs favorisent la survenue de ce type de lésion. Ces constatation devraient aboutir à  proposer une prise en charge personnalisée et optimales à ces patients à risque.

Maxime Sassalle

Références
Pierboni L et coll. : Predictive factors for the formation of tape blisters: An observational, prognostic prospective study. Int J Nurs Stud., 2019; 91: 1-5.

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