Effet d’un symbiotique sur la dermatite atopique

La dermatite atopique (DA) est une maladie allergique inflammatoire chronique, très prurigineuse qui débute habituellement avant 5 ans. Elle affecte la qualité de vie des enfants et de leur famille. La prise en charge comporte hydratation de la peau, traitement des infections secondaires et corticothérapie locale.

Les pré- et probiotiques ont fait l’objet de plusieurs essais contrôlés dans cette indication, avec des succès divers. Les symbiotiques réunissent ces deux types d’immuno-modulateurs. Le but est d’agir sur le microbiome intestinal dont le déséquilibre, observé chez les enfants atopiques, pourrait contribuer à l’inflammation.

Un essai prospectif multicentrique espagnol a été mené avec un produit symbiotique (Produo® Derma Chiesi). Ce symbiotique contient des probiotiques (L. casei, B. lactis, L. rhamnosus, L. plantarum) à des concentrations > 109 et des prébiotiques (fructo- et galacto-oligosaccharides). Il a été administré à la posologie de 1g, 2 fois par jour pendant 8 semaines.

La population de l’essai comportait 320 patients dont 275 ont complété l’étude ; 54,9 % étaient des filles; l’âge moyen était de 4 ans (3 mois-11,8 ans). Les enfants ont été suivis avec l’index SCORAD (Scoring of Atopic Dermatitis). Une allergie respiratoire concomitante était présente chez 36,9 % des patients et une allergie alimentaire chez 21,3 % ; 71 % avaient des parents allergiques. La durée médiane de la DA était de 3,4 ans (IIQ 1,7-6,2). Moins de la moitié des enfants (43,4 %) recevait un traitement concomitant : corticoïdes topiques (21,3 %), antihistaminiques (19,7 %).

Diminution du SCORAD et du prurit, amélioration du sommeil

Au départ, le SCORAD moyen était à 45,5 ± 15,5 et 57 % des patients avaient une forme modérée de DA (SCORAD 25-50). Le score VAS moyen pour le prurit était de 5,7 ± 2,2 et pour la perte de sommeil de 3,1 ± 2,5. A la dernière visite, à 8 semaines, le SORAD moyen avait baissé à 19,4 ± 14,6 (P < 0,001), le score de prurit à 2,3 ± 2,2 (P < 0,001) et de sommeil à 1,1 ± 1,8 (P < 0,001). Le pourcentage d’enfants avec une forme modérée à sévère a baissé de 92,4 % à 28,1 % à la 8ème semaine. Les lésions cutanées étaient blanchies ou légères chez la plupart des patients. En analyse par régressions linéaires multiples, les deux facteurs prédictifs indépendants de baisse la plus importante du SCORAD à la 8ème semaine étaient les scores les plus élevés au départ (Odds Ratio OR 0,51 intervalle de confiance à 95 % IC 0,41-0,61, P = 0,0001) et l’adhésion au traitement à plus de 80 % (OR 7,29 IC 1,85-12,73), P = 0,009).

Ainsi, les résultats de cet essai suggèrent que l’administration d’un produit symbiotique multi-souches peut améliorer la dermatite atopique chez l’enfant. Pour juger de l’efficacité des probiotiques, chaque souche ou chaque produit doit être testé dans un contexte clinique défini.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Ibáñez MD et coll. : Effect of symbiotic supplementation on children with atopic dermatitis: an observational prospective study. Eur J Pediatr., 2018; 177: 1851-1858.

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Vos réactions (1)

  • Avant aller chercher des formules compliqués

    Le 11 décembre 2018

    1) Eliminer l'allergène, les plus fréquents étant le lait de vache en le remplaçant pas du soja en priant le seigneurs que l'enfant n'y devienne pas aussi allergique, ce qui est arrivé à l'un de mes petits-fils.

    Avant aller chercher des formules compliqués, on peut essayer les flacons d'avoine réduits en poudre. Ils modifient considérablement la flore du colon - pardon, le biotope - et est en plus un excellent aliment riche en protéines. Mais cela ne fait pas sérieux…

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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