Arrêt cardiaque secondaire à un AVC hémorragique : plus souvent des femmes…

Les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques (AVCH) tels que les hémorragies sous-arachnoïdiennes (HSA) ou les hématomes intra-cérébraux (HIC) sont associés à une morbi-mortalité élevée.  Lors d’un AVCH, la cause principale de l’arrêt cardiaque est l’hypoxémie secondaire à l’arrêt respiratoire, lui même consécutif à l’hypertension intra-crânienne induite par l’hémorragie. L’hypoxémie prolongée conduit à la dissociation électro-mécanique, puis à l’asystolie, en l’absence de sécurisation des voies aériennes et de ventilation adéquate.

Au pays du soleil levant, des doyennes de l’humanité, des sushis, de la sveltesse, des tsunamis et des tako-tsubos, il arrive que lorsque les causes d’un décès ne sont pas clairement élucidées en service d’Urgence, un scanner corps entier en recherche systématiquement la cause et en profite pour évaluer d’éventuelles complications de la réanimation cardio-respiratoire. Mettant à profit cette pratique de démarche qualité riche d’enseignements, une équipe universitaire japonaise s’est attachée à clarifier rétrospectivement le profil des patients victimes d’un arrêt cardiaque survenu dans le cadre d’un AVCH, entre octobre 2012 et mai 2017. Ont été exclus de cette étude, les enfants de moins de 10 ans, les pathologies extrinsèques évidentes (comme les traumatismes) et les arrêts cardiaques intra-hospitaliers. Les patients ont été divisés en deux groupes : celui des AVCH avec 31 patients (incluant les diagnostics portés par le scanner) et celui du groupe contrôle indemnes de tout AVCH comprenant 424 patients.

L’imagerie a permis de diagnostiquer 22 HSA et 9 HIC. Aucun patient du groupe contrôle n’avait de signes d’infarcissement cérébral. Malgré la disproportion numérique des groupes, il n’y avait aucune différence significative pour ce qui est de la durée d’installation des troubles, les manœuvres de réanimation par des témoins et le taux de survie.

Un pronostic catastrophique

Aucun patient du groupe AVCH n’a eu de bonne récupération. Dans ce groupe, la proportion de femmes était plus élevée (54,8 % versus 34,6 %, p < 0,05), l’âge était moindre (67,0 ± 12,4 versus 73,6 ± 15,7, p < 0,01), la proportion de rythme non choquables (100 versus 87,0 %, p < 0,05) plus élevée ainsi que le taux de retour à une circulation spontanée (48,3 % versus 31, 5 %).

Pour rendre compte de la prédominance féminine et de l’âge moindre des patients du groupe AVCH, les auteurs évoquent la prédominance des hémorragies sous-arachnoïdiennes dans le groupe AVCH. Le sexe féminin et la péri-ménopause étant des facteurs de risques connus de rupture des anévrysmes cérébraux, les auteurs évoquent l’intérêt protecteur des stéroïdes sexuels.

De cette étude originale, mais portant sur de faibles effectifs dans un pays fervent adepte du « régime méditerranéen » et donc aux facteurs de risques cardiovasculaires différents des nôtres, il ressort que le profil clinique des patients présentant un arrêt cardiaque pré-hospitalier consécutif à un accident vasculaire cérébral hémorragique, est plus volontiers féminin, bien plus jeune que la moyenne des victimes d’arrêts cardiaques d’autre nature, avec une plus forte proportion de rythmes cardiaques non choquables sur site et une tendance à un meilleur retour à la circulation spontanée grâce aux manœuvres de réanimation habituelles pratiquées en amont de l’hôpital. Quoi qu’il en soit, le pronostic des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques occasionnant un arrêt cardiaque pré-hospitalier, est catastrophique.


Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Hiroki Nagasawa et coll. The clinical profile of patients with cardiac arrest induced by hemorrhagic stroke. Resuscitation, 2017 ; 120 e5. doi.org/10.1016/j.resuscitation.2017.09.005

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