Un risque accru de cancers cutanés et de cancer du sein avec une dermatite atopique

Des travaux ont suggéré un risque accru de cancers au cours des maladies inflammatoires, parmi lesquelles la dermatite atopique. Des données épidémiologiques robustes sont encore nécessaires pour préciser ce risque et guider la surveillance. Une équipe états-unienne vient de publier les résultats d’une étude rétrospective de cohorte qui inclut plus de 7 000 participants adultes présentant une forme modérée à sévère de dermatite atopique. L’objectif était d’évaluer le taux d’incidence des cancers chez des patients atteints de dermatite atopique modérée à sévère, et de le comparer à celui relevé dans la population générale.

L’analyse des données confirme un taux d’incidence des cancers cutanés non mélanocytaires plus élevé sur ce terrain que celui de la population générale. Dans l’ensemble de la cohorte, il est de 4,8 pour 1 000 personnes-année, avec une différence marquée entre les femmes et les hommes. Chez les femmes, le taux d’incidence est de 3,3 (comparé à 0,8 chez les femmes de la population générale. Chez les hommes, il est de 7,7, comparé à 1,2 chez les hommes de la population générale. Le taux d’incidence du cancer du sein est lui aussi augmenté, mesuré uniquement chez les femmes (2,1 vs 1,3 dans la population générale). En revanche, les taux d’incidence des mélanomes et des cancers du poumon sont comparables à ceux de la population générale.

Différents mécanismes

Les taux d’incidence des tumeurs malignes sont numériquement supérieurs chez les hommes. Pour tous les types de cancers, ils augmentent avec l’âge et avec les antécédents de tabagisme pour les cancers cutanés non mélanocytaires et celui des cancers épidermoïdes.

Plusieurs mécanismes ont été proposés pour expliquer l’association entre la dermatite atopique et le risque ce tumeur maligne. La réponse immunitaire accrue, l’activation des médiateurs de l’inflammation ou le recrutement des cellules immunitaires qui favoriseraient la croissance tumorale, ou encore l’altération de la barrière cutanée, sont des mécanismes potentiels de la genèse tumorale. La luminothérapie pourrait aussi augmenter le risque pour les cancers cutanés.

Les auteurs soulignent le peu de données chiffrées précises dont nous disposons concernant le lien entre la dermatite atopique et le cancer et recommandent la mise en place d’autres études afin de le déterminer.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hedderson MM et coll. : Rates of malignancies among patients with moderate to severe atopic dermatitis: a retrospective cohort study.
BMJ Open 2023;13:e071172. doi.org/10.1136/bmjopen-2022-071172

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