Vers un traitement bactérien de la mauvaise odeur axillaire

La mauvaise odeur axillaire, qui est une condition distincte de l’hyperidrose axillaire, est particulièrement gênante pour la vie personnelle et professionnelle. La sueur elle-même n’a pas d’odeur, et la mauvaise odeur est liée aux bactéries qui constituent le microbiome axillaire. Certaines bactéries dégradent les acides gras, les acides aminés soufrés, et les hormones des sécrétions annexielles en petits composés volatiles et odorants. Il s’agit d’ailleurs d’un sujet complexe, parce que les bactéries axillaires ne résident pas seulement à la surface de l’épiderme. Elles se trouvent aussi dans les conduits et les glandes sudorales, eccrines et apocrines, dans les glandes sébacées et les follicules pileux et ces niches profondes sont difficilement accessibles aux déodorants et antibactériens dont l’action est essentiellement superficielle.

On a identifié comme liés à une mauvaise odeur Staphylococcus hominis, Corynebacterium tuberculostearicum et Anaerococcus. Par contre, Staphylococcus epidermidis et Propionibacterium acnes sont associés à une meilleure odeur. Ces nouvelles connaissances sur la bactériologie axillaire devraient déboucher sur des traitements visant à corriger la dysbiose à l’origine de la mauvaise odeur.

Premiers essais encourageants de transplantation bactérienne

Les travaux en cours portent sur l’incorporation aux produits de toilette de probiotiques, ou de prébiotiques visant à rééquilibrer la flore axillaire. De façon intéressante, de premiers essais de transplantation bactérienne axillaire ont donné de bons résultats. On commence par éliminer, par des agents antibactériens, les communautés bactériennes présentes sur la peau des aisselles des sujets à mauvaise odeur, avant d’y implanter des bactéries provenant de personnes (préférentiellement de la même famille) dont l’odeur axillaire n’est pas mauvaise. On reconnaît là le même principe que celui de la transplantation de bactéries fécales pour le traitement des diarrhées à Clostridium difficile. Les bactéries « à bonne odeur », résidentes ou après culture, sont capables de contrebalancer le microbiome « à mauvaise odeur » de façon durable.       

Dr Daniel Wallach

Références
Callewaert C, Lambert J, Van de Wiele T : Towards a bacterial treatment for armpit malodour.
Exp Dermatol 2017; 26: 388-391.

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Vos réactions (1)

  • Traitements bien compliqués et coûteux !

    Le 27 mai 2017

    Je n'ai pas fait de recherches sur la question mais je pensais bien qu'il devait y avoir une origine infectieuse aux odeurs de transpiration axillaire, sous-mammaire ou inguinale.
    Depuis plusieurs années, j'utilise de la Bétadine dermique diluée à 10 % avec un succès complet. Car, en plus de son effet bactéricide, la Bétadine tanne un peu la peau ce qui diminue la transpiration. L'été, si on transpire beaucoup, on peut y associer de la pierre d'alun, mais pas trop souvent pour éviter de bloquer les glandes sudoripares. Coût : moins de 2 euros par mois...

    Dr Guy Roche,ancien interniste

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